Le fruitarianisme : bonne ou mauvaise idée ?

Etre fruitarien, qu’est-ce que c’est ? Contrairement aux idées reçues, le fruitarianisme est un mode de vie, et non une désintoxication ou un régime pour perdre du poids. Vous l’aurez compris, cette pratique vise à ne manger que des fruits, éventuellement des noix ou des graines. Cela amène à des préoccupations et des critiques en matière de santé. OSDT vous partage tous les avantages et inconvénients du fruitarianisme.

Une alimentation basée autour du fruit

Le fruitarianisme est un sous-ensemble du véganisme, les produits d’origine animale sont donc bannis. Il existe divers degrés selon les personnes, la règle générale étant d’avoir une alimentation composée de 75 % de fruits minimum et de 25 % de noix et de graines. Etre fruitarien entraine un régime alimentaire énergétique basé sur le fructose, le sucre des fruits.

Steve Jobs, le regretté fondateur d’Apple, a été fruitarien pendant un certain temps, il disait que cela permettait de nourrir sa créativité. Pour jouer son rôle dans un film, Ashton Kutcher a essayé de suivre cette diète pendant un mois. Cela s’est malheureusement retourné contre lui car il a fini à l’hôpital.

« J’ai fini à l’hôpital deux jours avant le début du tournage. J’étais plié en deux de douleur et mon pancréas était complètement détraqué. C’était terrifiant. » –  Ashton Kutcher, Festival du film de Sundance en 2013

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Etre fruitarien – Crédit photo : ©Adobe stock

Comme à chaque régime alimentaire, au sens habitudes de nutrition, il convient de ne pas aller dans les extremes et de façon brutale ! Favorisez les transitions en douceur et progressive, notamment si vous êtes omnivores ou carnivores.

 

Pourquoi devenir au fruitarien?

« J’ai une santé et une vitalité fantastiques depuis que j’ai adopté le fruitarisme. Je suis devenu presque surhumain, comparé à la population normale, que ce soit du point de vue de la santé physique, mentale ou émotionnelle. » – Michael Arnstein, ultra-marathonien et administrateur du Woodstock Fruit Festival, sur son blogue The Fruitarian

De nombreuses causes peuvent pousser à adopter le fruitarianisme, elles peuvent être :

  • Éthiques,
  • Religieuses,
  • Environnementales,
  • Culturelles,
  • Économiques,
  • Sanitaires.

Diverses raisons peuvent encourager à suivre un régime fruitarien, dont :

  • Éviter de cuisiner,
  • Se désintoxiquer,
  • Réduire les calories,
  • Adopter un comportement respectueux de l’environnement.

Ce régime alimentaire compte plusieurs branches :

  • Certains pensent que nous ne devrions récolter et manger que les aliments tombés naturellement d’un végétal. Ils avancent l’hypothèse selon laquelle la cueillette pourrait endommager, voire tuer la flore.
  • Certaines mangent des céréales tandis que d’autres non car ils estiment que ces graines contiennent une vie et donc une future plante, par exemple.
  • Certains utilisent la définition botanique du terme « fruit » et consomment des légumineuses (haricots, pois, etc).
  • Certains se nourrissent de fruits crus et secs, de noix, de miel, d’huile d’olive, de haricots ou encore de chocolat.

« Les fruits sont riches en vitamines et en antioxydants, dont la vitamine C et le bêtacarotène, et les recherches ont montré qu’ils diminuent le risque de maladie. Mais il est important de consommer aussi des noix, des germes et des légumes à chaque repas afin d’avoir les matières grasses et les protéines nécessaires. Elles stabilisent le taux de glycémie, qui grimpe après la consommation de fruits. » – Lisa DeFazio, diététicienne et auteure de livres de cuisine.

Un régime entre idéologie et alimentation

Quelques fruitariens refusent, comme Jains, de tuer un être vivant, faisant référence au fruitarianisme ahimsa.

Pour d’autres, la motivation vient d’une fixation sur une époque utopique, où les êtres humains étaient simplement des chasseurs et des cueilleurs. Ils espèrent pouvoir un jour revenir à ce passé, antérieur à l’âge agraire.

Ce choix d’alimentation peut également provenir d’un besoin de supprimer toute toxicité de leur corps.

Enfin, l’attrait du régime fruitier vient aussi du défi que représente sa nature restrictive.

 

Des problèmes nutritionnels

Des risques de carences

Le fruitarianisme est encore plus restrictif que le véganisme ou le véganisme brut. Cela peut entrainer des carences en nutriments essentiels encore plus importantes qu’une alimentation végétarienne en fruits et légumes.

Le maintien de ce régime alimentaire sur une longue période peut entraîner des carences dangereuses, un risque qu’il est possible de prévenir par des tests nutritionnels et des injections de vitamines. Ce régime fruité peut causer des carences en calcium, protéines, fer, zinc, acides gras essentiels, vitamine D et la plupart des vitamines B (particulièrement la B12).

Bien que les fruits fournissent une source de glucides, ils contiennent très peu de protéines. Comme elles ne peuvent pas être stockées dans l’organisme comme les graisses et les glucides, il faut veiller à en consommer suffisamment chaque jour.

Lorsque l’organisme n’absorbe pas suffisamment de protéines, il est en carence d’acides aminés, essentiels à la croissance et au maintien des tissus de l’organisme. La consommation excessive de fruits pose également un risque pour ceux atteints de diabète, et même de prédiabète. En effet, comme ils contiennent du sucre, ils provoqueront une hausse de la glycémie. Il existe également un danger accru de carie dentaire chez les fruitariens.

Étant donné que les fruits sont facilement digérés, le corps les brûle rapidement pendant les repas et la sensation de faim reviendra vite. Un effet secondaire de la digestibilité est d’être contraint de déféquer plus fréquemment. De plus, les restrictions alimentaires en général peuvent entraîner des fringales, des obsessions alimentaires, des perturbations, voire de l’isolement social qui peut même déclencher une orthorexie mentale.

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fruitarianisme Crédit photo : ©Adobe stock

 

L’importance de la vitamine B12

La vitamine B12, un produit bactérien, ne peut être obtenue avec des fruits. Selon le National Institute of Health (Institut National de la Santé) des États-Unis : « les sources naturelles de vitamine B12 se limitent aux aliments d’origine animale ». Comme les végétaliens crus qui ne consomment pas d’aliments enrichis en B12 (certains laits végétaux et certaines pour le petit déjeuner, par exemple), ils doivent inclure un supplément B12 dans leur alimentation.

 

L’importance de la croissance et du développement

Nous vous rappelons que cette diète est totalement inadaptée aux enfants (y compris les adolescents). Chez les jeunes, la croissance et le développement peuvent en effet être menacés. Certains nutritionnistes affirment qu’ils ne devraient pas suivre un régime fruitarien. Les problèmes comprennent :

  • La malnutrition protéino-énergétique sévère,
  • L’anémie,
  • Les carences en : protéines, fer, calcium, acides gras essentiels, fibres brutes et un large éventail de vitamines et de minéraux.

« Les fruitariens ont souvent de faibles niveaux de vitamine B12, de calcium, de vitamine D, d’iode et d’acides gras oméga-3, ce qui peut entraîner l’anémie, la fatigue et la faiblesse du système immunitaire » – Lisa DeFazio, diététicienne et auteure de livres de cuisine.

Il est ainsi important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’un régime incroyablement extrême et non recommandé par de nombreux diététiciens et nutritionnistes. Restreindre votre alimentation à un ou deux groupes alimentaires n’est pas forcément considéré comme sain. Et même si vous aimez les fruits, il est possible que votre corps n’en dise pas autant !

En bref

Il existe différentes raisons qui pousse à adhérer au fruitarianisme, il s’agit davantage d’un mode de vie que d’un simple régime. Les choix alimentaires varient entre les individus : certains mangent également des graines et des noix par exemple. Cette diète pose cependant de nombreuses questions de santé, notamment de carences en vitamines et de l’anémie. OSDT vous informe, mais nous vous recommandons vivement de consulter un professionnel avant de vous lancer.

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ODST.

Ecrit par : Adélaïde
Mis à jour le mercredi 31 juillet 2019


Journaliste nutrition et santé, Adélaïde est là pour nous parler des pathologies courantes ; quelles en sont les causes et comment les traiter.
Elle est passionnée par la pharmacologie, la psychologie et la physiologie.

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