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Le sevrage tabagique et ses outils en pharmacie

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Sevrage tabagique : de quoi parle-t-on ?


Arrêter de fumer n’est pas une décision facile et persévérer dans cette voie l’est encore moins. Cette décision entraîne un phénomène désagréable que l’on appelle le phénomène de sevrage. Il est à la fois psychologique et physique. Pour aider à supporter ces moments de sevrage, outre les différentes méthodes d’accompagnement psychologique, il existe plusieurs dispositifs techniques qui ont des moyens d’action différents. Il s‘agit d’une part des substituts nicotiniques en vente libre en pharmacie et d’autre part des médicaments.

 

Les substituts nicotiniques


Comme leur nom l’indique, les substituts nicotiniques sont à base de nicotine. C’est la nicotine qui est la source de la dépendance. Pour les substituts, on se sert de la même molécule de base. Mais pour ces dispositifs, c’est la cinétique, c’est-à-dire le mode de pénétration de la nicotine dans l’organisme, qui est différente. Dans le cas de la cigarette, la nicotine entre très rapidement par le système artériel pulmonaire avant d’arriver au cerveau (en sept secondes). Dans le cas des substituts nicotiniques, elle diffuse très lentement par la voie veineuse en passant par la peau pour les timbres (patchs) et par la muqueuse buccale pour les gommes à mâcher, les comprimés et l’inhaleur. Les doses de nicotine sont ensuite administrées de façon décroissante. Ces doses apaisent le besoin en nicotine de l’organisme. Quand le corps a sa dose de nicotine, la personne ressent moins l’envie de prendre une cigarette. L’utilisation conjointe de plusieurs formes de substituts nicotiniques est aujourd’hui admise quand cela s’avère nécessaire.

 

Les gommes à mâcher
Les gommes à mâcher (parfums menthe, réglisse, orange, fraise) sont nombreuses (Nicogum®, Nicopass®, Nicorette®, Nicotinell®). Elles doivent être sucées pendant quelques minutes, puis mâchées lentement en faisant des pauses. Utilisées correctement, les gommes libèrent lentement la nicotine, qui diffuse dans la circulation sanguine avant d’atteindre le cerveau. On peut utiliser ces gommes dès que l’envie de fumer commence à réapparaître : on gère ainsi « au coup par coup » ses envies de fumer au cours de la journée. En général, on utilise de huit à douze gommes par jour les premiers jours, et on diminue ensuite les doses graduellement. Il ne faut pas en prendre plus de trente dans une seule journée.

 

Les comprimés et pastilles
Les comprimés et pastilles à sucer (Niquitin®, Nicorette®, Nicotinell®) ont le même principe d’action que les gommes. Il existe des comprimés à faire fondre sous la langue (sublingual) et des comprimés à sucer. En deux ou trois minutes, l’effet se fait sentir et l’envie de fumer s’estompe. Le nombre de comprimés journalier varie en fonction du degré de dépendance. Il se situe le plus souvent entre huit et douze les premiers jours et diminue ensuite graduellement.

 

Les patchs
Les timbres et patchs sont des « dispositifs transdermiques » (Nicorette®, Niquitin®), c’est-à-dire des timbres à la nicotine à coller sur la peau. La nicotine facilement absorbée par la peau la traverse. Les patchs contiennent des doses variables de cette substance. Cela permet d’adapter le traitement à l’intensité de la dépendance pharmacologique. Différents patchs contenant des quantités décroissantes de nicotine allant de 21 mg à 5 mg par jour sont appliqués au cours du traitement, qui dure en général trois mois. Les timbres sont collés le matin sur la peau et sont laissés en place 16 ou 24 heures selon les cas. La quantité de nicotine diffusée est proportionnelle à la surface du timbre utilisé et au temps de pose sur la peau. Si les symptômes de manque persistent, il convient de revoir le dosage des patchs utilisés. Les patchs sont parfois mal supportés au niveau cutané (démangeaisons, brûlures…). Il existe deux types de patchs : des patchs délivrant de la nicotine en continu pendant 24 heures et des patchs délivrant de la nicotine sous forme discontinue pendant 16 heures.

 

L’inhaleur
L’inhaleur (Nicorette® inhaleur), délivré sans ordonnance, est utilisé pour traiter la dépendance à la nicotine dans une démarche globale de sevrage tabagique. Il se présente sous la forme d’un embout en plastique qui s’ouvre en deux pour recevoir une cartouche contenant un tampon imprégné de nicotine. À chaque utilisation, on aspire plusieurs fois par l’embout de l’air chargé de microgouttelettes de nicotine. La nicotine libérée lors de l’inhalation vient se déposer sur la muqueuse buccale et passe dans la circulation sanguine. En début de sevrage, on peut utiliser plusieurs cartouches par jour pour remplacer la nicotine inhalée en fumant. L’inhaleur permet aussi une compensation gestuelle et orale. Les sujets âgés ne doivent utiliser l’inhaleur que sous contrôle médical, la nicotine ayant des effets cardio-vasculaires notoires.


La cigarette dite « cigarette électronique » agit selon ce principe.

 

Les médicaments délivrés sous ordonnance


Aujourd’hui, deux médicaments nécessitent une ordonnance et un suivi médical. Leur moyen d’action est différent des patchs, mais aussi l’un de l’autre. Le bupropion est une molécule de la famille des psychotropes (qui agit sur le psychisme et lutte contre la dépression) ; la varénicline agit sur les récepteurs nicotiniques dans le cerveau, de la même façon que la nicotine.


• Le bupropion (Zyban® des laboratoires GSK – GlaxoSmithKline) a été le premier médicament utilisé pour le sevrage tabagique. À l’origine, ce médicament était commercialisé comme antidépresseur aux États-Unis. On lui a découvert, par hasard, des propriétés bénéfiques pour arrêter le tabac. Mais son mode d’action dans cette indication n’est pas encore connu de façon précise. Les effets indésirables de Zyban® sont nombreux : troubles digestifs, nerveux ou cutanés. Zyban® est contre-indiqué dans de nombreux cas, notamment l’épilepsie. Il nécessite donc un suivi médical. Zyban® étant susceptible d’interagir avec de nombreux médicaments, il faut préciser tous les traitements en cours à son médecin ou à son pharmacien.


• L’autre molécule, la varénicline (Champix® des laboratoires Pfizer) impose une prise régulière et une dose à respecter, même en cas d’oubli temporaire. On suppose qu’elle agit sur la sensation de plaisir obtenue de la même façon que par la nicotine. En effet, son action augmente la libération de dopamine (une des substances chimiques transmettant la sensation de bien-être et de plaisir) au niveau de certaines structures cérébrales, ce qui explique, au moins partiellement, la dépendance. Mais ce médicament entraîne pas mal d’effets secondaires. En cas d’antécédents de dépression et de troubles psychiques, il doit être utilisé avec précaution, et toute autre prise de médicament doit être signalée en cas de prescription de Champix®.

 

La phytothérapie


Il existe également un traitement de phytothérapie en pharmacie. Sevrax® 1, Sevrax® 2 et S3 MotiMa® (des laboratoires MotiMa). C’est plutôt un programme qui se présente sous forme d’un coffret comprenant trois produits. Ce sont des associations de plantes, dont le principe est d’agir sur l’odorat en dégoûtant du tabac, et de diminuer le stress et l’envie de grignoter fréquents dans le sevrage. S3 MotiMa® contient des huiles essentielles et des extraits de plantes aux vertus relaxantes.

 

Le spray nasal


Le spray nasal existe, mais n’est pas autorisé à la vente en France.

 

Source/Auteur : Lucie GALION
Date : 26/08/2008


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à retenir



Deux médicaments sont délivrés sur ordonnance. En vente libre, les substituts nicotiniques transdermiques et oraux proposés par l’industrie pharmaceutique permettent au fumeur dépendant de recevoir une dose dégressive de nicotine. Chaque fumeur devrait trouver par lui-même le taux de nicotine dont il a besoin et agir en conséquence, c’est-à-dire conformément à ce taux. Cette recherche nécessite quelques ajustements au début, puis en cours de traitement.

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