La gale, une infestation qui peut toucher tout le monde

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La gale ou scabiose est une infestation dermatologique causée par un parasite appelé Sarcoptes scabiei. La gale est caractérisée par des lésions périvasculaires. Après accouplement des sarcoptes, les femelles, les seules à être pathogènes, vont creuser un sillon dans la couche superficielle de la peau et y pondre ses oeufs pendant environ 60 jours. Ils se posent dans une vésicule appelée vésicule perlée.

L’éclosion des oeufs auront lieux 5 jours après et donnent naissance à des larves. Ces derniers muent en nymphe et deviendront des sarcoptes adultes après une dizaine de jours. Les mâles vont ensuite migrer dans la galerie pour féconder les femelles adultes. Après accouplement, la femelle fécondée démarrera un nouveau cycle sur le même autre ou bien un autre.

La transmission de la gale se fait par le contact prolongé peau à peau avec un hôte infesté. Les femelles fécondées vont commencer un cycle parasitaire sur ce nouvel hôte.

La gale se propage aussi par l’intermédiaire des effets personnels infestés comme les habits ou linges de maison, etc. Donc la gale se transmet facilement entre les membres de la famille ou des enfants dans une garderie ou dans une même classe.

Comme la gale se transmet aussi par l’acte sexuel, elle est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible. La gale est encore omniprésente et sévit surtout pendant la période hivernale.

Gale maladie
La gale Credit photo www.pixabay.com

Les symptômes de la gale

Après un premier contact avec les sarcoptes, les signes de la gale ne vont apparaître qu’après 5 voire 6 semaines. En cas de réinfestation, cette période s’écourte à 10 ou 15 jours.

Les symptômes les plus courants sont :

  • Des démangeaisons à recrudescence nocturne
  • Des éruptions cutanées (urticaires ou eczéma)
  • Des ampoules
  • Des plaies dues aux grattages

Ces signes se retrouvent le plus souvent entre les doigts de mains, au niveau des plis des poignets, les coudes, les bras, les fesses, les cuisses, la vulve, le pénis, les mamelons, autour de la taille et du nombril. Le visage, le cou et le dos se trouvent épargner.

Les différentes formes de gales

On distingue deux types de gale : La gale commune et la gale atypique.

La gale commune

Elle s’installe progressivement et se manifeste sous forme de prurit. Ces démangeaisons sont la conséquence de la réponse immunitaire ou réaction de l’organisme face à la présence du sarcopte, ses déjections et ses oeufs sur la peau.

Les signes spécifiques de la gale commune sont :

  • Les sillons scabieux : ce sont des lésions de couleur rouges qui se situent sur les mains et les poignets. Ces sillons se présentent sous forme fil en relief de couleur grise et déterminent le trajet des parasites. Des crevasses en forme de piste se trouvent dans la peau, ce sont leur logement.
  • Les vésicules érythémateuses toujours sur les mains et les poignets
  • Les papules de couleur brunes

La gale atypique

  • La gale du nourrisson peut se présenter sous une forme complètement différente de l’adulte. Le bébé ne présente aucune lésion spécifique mais il est très agité et très irritable. Il peut même faire une anorexie. Cependant, des nodules peuvent apparaître sous ses aisselles et des pustules sur les pommes de ses mains et les plantes de ses pieds.
  • Il y a aussi la gale dite “des gens propres” ou gale “invisible” au cours de laquelle on n’observe aucune lésion cutanée.
  • La gale diffuse au cours de laquelle les lésions s’étendent sur tout le corps du patient même sur le dos et le visage.
  • La gale compliquée qui est due à une surinfection bactérienne des plaies. La bactérie responsable est le genre staphylocoque.

La gale en croûte

La gale en croûte a été découverte dans les années 1850 en Norvège. Habituellement, les personnes atteintes de la gale ne portent sur elle qu’une vingtaine d’acariens contre des milliers de sarcoptes dans le cas d’une gale en croûte.
Cette invasion provoque chez son hôte l’apparition d’une épaisse croûte remplie d’oeufs et de larves.

Cette gale dite norvégienne est très dangereuse et requiert un traitement très rapide. Elle se manifeste surtout chez les personnes immuno-déprimées.

Le diagnostic de la gale

A l’examen clinique, le médecin peut déterminer la gale après que les éruptions apparaissent.

Pour confirmer le diagnostic, le clinicien peut faire un test à l’encre pour identifier l’existence ou non des sillons scabieux. Ce test est surtout nécessaire quand un analyse parasitologique complémentaire est à faire et qu’on doit prélever un échantillon de peau.
Pour réaliser le test à l’encre, on dépose successivement de l’encre puis de l’alcool sur une zone de la peau. Il s’ensuit une coloration des sillons.

Le second examen à faire est une dermoscopie. Elle consiste à placer l’appareil grossissant sur la peau et de visualiser les signes particuliers de la gale que les spécialistes appellent signes du deltaplane.

Le signe du deltaplane correspond à la partie antérieur du sarcopte c’est-à-dire sa tête et ses 2 pattes avant.

Le diagnostic est positif si :

  • les lésions spécifiques de la gale apparaissent,
  • les démangeaisons se ruent surtout la nuit
  • la topographie des zones de grattage est spécifique (interdigitaux, sur les poignets, sur les fesses, les cuisses, le nombril, aréole mammaire, le pénis, …)
  • on a recensé des vésicules perlés (siège de la pente des oeufs) et des tuméfactions rouges vives correspondant à des nodules scabieux.

Les traitements de la gale

Avant d’entamer un traitement, il faut que le diagnostic soit sûr. Ensuite le traitement de la gale nécessite à la fois le traitement du sujet atteint mais également le traitement de son entourage.

Il faut que le patient suive à la lettre les traitements prescrits par son médecin pour éviter l’apparition de résistance.

Deux stratégies thérapeutiques peuvent être utilisée la voie per os et la voie locale.
Dans les deux cas un acaricide peut être utiliser. Ces produits paralysent à la fois larves, nymphes et sarcoptes adultes. Les acaricides agissent sur le système nerveux des parasites, provoquent leur paralysie et puis la mort. Ce sont donc des produits neurotoxiques.

Les traitements cutanés

L’application des traitements cutanés doivent impérativement être précédée d’un bain ou d’une douche. Autrement dit, les traitements scabicides s’appliquent sur peau propre.

  1. La Perméthrine à 5 %Elle se présente sous forme de crème à appliquer sur le corps sauf au niveau de la tête. La crème doit être maintenue au moins 8 h sur la peau.

    Elle peut être utilisée par la femme enceinte et les enfants à partir de 2 mois. Avant l’application de la Perméthrine, la peau doit être sèche et froide de préférence. Puis, après avoir étaler la crème il faut faire un petit massage de la partie sur laquelle on l’applique. Il ne faut pas se laver les mains dans les 8 h qui suit l’application. Par contre, le patient doit se laver tout le corps après ces 8 h.

  2. Le Benzoate de benzyle est le produit de référence.L’application se fait par badigeonnage d’un pinceau plat ou compresse l’ensemble du corps et du cuir chevelu sauf le visage. On laisse agir le produit 24 h avant de le rincer abondamment. La même opération est à refaire 8 jours plus tard.
  3. Les lotions ou crèmes à base de soufre 8 %Il s’agit d’appliquer la lotion ou la crème sur tout le corps pendant 3 jours successifs suivis d’une pause de 4 jours et à reprendre après ces 4 jours. L’opération est à répéter 3 à 4 fois.

Les traitements oraux

Le traitement oral repose sur l’ivermectine qui est actif seulement sur les sarcoptes adultes mais non les oeufs.

Comme mode d’action, l’ivermectine inhibe la fonction musculaire des sarcoptes provoquant leur paralysie et leur mort par asphyxie.

L’ivermectine est contre-indiqué chez la femme enceinte et les enfants moins de 24 mois et pesant moins de 15 kg.

Pour améliorer l’absorption du produit, il est conseillé de jeûner 2 h avant et 2 h après la prise du médicament.

Les mesures à prendre

Il est conseillé de :

  • Isoler le malade
  • Décontaminer l’environnement en lavant tous les effets en commun comme la literie et les linges de maison à 60 ° C.
  • Traiter l’entourage du malade même s’il ne présente aucun signe ou symptôme
  • S’abstenir pendant le traitement
  • Se couper les ongles pour éviter la surinfection des plaies
  • Prendre des antihistaminiques pour soulager les démangeaisons

Sources

  • www.santemagazine.fr
  • http://dermato-info.fr

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