L’acné : quels sont ses symptômes, variétés et traitements ?

L’acné est la dermatose la plus fréquente chez les adolescents. Elle se présente sous forme de lésion folliculaire et représente 10 à 15 % des consultations dermatologiques. Des études ont montré que 80 % des jeunes sont confrontés à l’acné ne nécessitant pas de traitement. Tandis que 10 % présentent une forme grave suscitant des traitements.

La physiopathologie de l’acné

L’acné est une dermatose inflammatoire chronique multifactorielle des follicules pilo-sébacés.

Elle est le résultat de 4 composants :

  • Une hyperséborrhée, ou production excessive de sébum
  • Une hyperkératinisation et comédogenèse
  • La colonisation du follicule par les bactéries anaérobies Propionibacterium acnes.
  • Une inflammation
  • Acné
    Acné – Crédit photo : © Wikipédia

L’hyperséborrhée

L’hyperséborrhée correspond à une surproduction de sébum par les sébocytes des glandes sébacées. La peau devient très grasse, luisante avec des pores dilatés.

Lors d’une hyperséborrhée, on observe une hausse de la production de sébum de 59 % que la normale.

La composition du sébum change également. Il devient plus riche en triglycéride, et en squalène, tandis que la quantité d’acide gras libre diminue.

Par contre, sous l’effet des rayons UV, le squalène est peroxydé et se transforme en peroxyde de squalène. Or ce peroxyde stimule les kératinocytes impliquées dans la genèse des comédons. Autrement dit, la surproduction de squalène conduit à une comédogenèse.

Ensuite, la sécrétion sébacée est aussi arbitrée par les hormones androgènes dont la production atteint un summum pendant la puberté. L’hormone pointée du doigt ici est la testostérone produite par les surrénales.

La testostérone est la seule hormone capable de pénétrer dans les sébocytes où elle sera transformée en hormone active, la dihydrotestostérone (DHT). La DHT pénètre ensuite dans le noyau.

Donc, plus le taux de DHT est élevée plus la production de sébum augmente.
Ce qui démontre pourquoi à la puberté l’acné est très fréquente.

L’hyperkératinisation et comédogenèse

Après une hyperséborrhée s’ensuit une hyperkératinisation. Elle se traduit par l’hyper prolifération des kératinocytes c’est-à-dire une augmentation de la cohérence des cellules épithéliales, bouchant ainsi le canal infundibulaire. La peau aura du mal à se desquamer ce qui doit être un processus physiologique.

En bouchant ce canal, le sébum produit en grande quantité ne sera plus éliminés vers l’extérieur. Il y aura une rétention sébacée composée essentiellement de cellules mortes, fragment de poil et bactéries formant un bouchon appelé bouchon corné.

Le bouchon corné provoque une dilatation du follicule pilo-sébacé conduisant à la formation de comédons, c’est la comédogénèse.

Ce mécanisme de comédogenèse est à l’origine des lésions rétentionnelles.
Il se forme alors :

  • soit des comédons dit ouverts ou appelés communément des points noirs. Elles résultent de l’oxydation des lipides du bouchon corné au niveau de l’orifice du canal
  • soit des comédons fermés ou microkystes appelés points blancs. Pour les points blancs par contre l’orifice du canal est bouché par des kératinocytes. Ils se présentent sous forme de point blanc de 2 à 3 mm de diamètre.

L’hyperkératinisation est favorisée par la présence de médiateur de l’inflammation comme les interleukines suite à un grattage par exemple ou par la présence de P. acnès.

En effet, cette bactérie stimule la synthèse de kératine et d’une substance appelée intégrine qui renforcent l’assemblage des fibres de kératines.

L’inflammation

L’inflammation est responsable de la genèse des lésions inflammatoires. Elle met en jeu les acteurs de l’inflammation comme les polynucléaires neutrophiles et les lymphocytes B, ainsi que les cytokines.

Le vrai responsable de cette cascade de réaction est la bactérie anaérobie gram positive le P. acnes. Cette bactérie a un effet pro-inflammatoire.

C’est une bactérie qui se développe dans les glandes sébacées et remonte à la surface de la peau avec le sébum.

P. acnès agissent au niveau des kératinocytes et stimulent la production de cytokines comme les interleukines.

En parallèle, elles sécrètent des protéases au niveau des lésions inflammatoires. On constate aussi la production de métalloprotéase lors de l’acné.

Ces dernières dégradent la paroi des follicules et accélère la diffusion de l’inflammation jusqu’au tissu dermique avoisinant.

Les lésions inflammatoires superficielles se présentent sous forme de :

  • Papules : une lésion inflammatoire surélevée rouge non douloureuse de 2 à 5 mm de diamètre. Elle peut se résorber spontanément ou progresse vers la formation de pustules.
  • Papules - acnés
    Papules – Crédit photo : © Pixabay
  • Pustules : c’est une papule mais plus enflammée, de diamètre supérieur et recouvert d’un petit point jaunâtre purulent. Elle se rompt spontanément et laisse échapper du pus. Mais si elle se rompt dans les couches profondes de la peau, elle sera sur-infectée et formera un nodule.
  • Pustules - acné
    Pustules – Crédit photo : ©Flickr
  • Nodules : Ils sont à l’origine des cicatrices. C’est une lésion inflammatoire de diamètre supérieur à 5 mm. Ces nodules peuvent former des abcès.
Nodule-acné
Nodule – Crédit photo : © Wikipédia
  • Cicatrices : Si les inflammations ont été prolongées, elles donnent naissances à des cicatrices peu ou très profondes. Elles sont dues à un déficit du phénomène de réparation des tissus.
Cicatrice d'acnés
Cicatrices d’acnés – Crédit photo : © Pixabay

Traitements de l’acné

Si on se réfère à la physiopathologie décrite précédemment, les objectifs thérapeutiques seraient donc :

  • La diminution de l’excès de sébum
  • La kératolyse
  • L’inhibition de la bactérie
  • L’inhibition de l’inflammation

D’après les experts le mieux serait de choisir un traitement rassemblant ces propriétés. Ceci afin d’avoir un effet complémentaire sur les pathogènes.

Ecrit par : Adélaïde

Journaliste nutrition et santé, Adélaïde est bien placée pour nous parler des pathologies courantes ; quelles en sont les causes et comment les traiter. Passionnée par la pharmacologie, la psychologie et la physiologie, Adélaïde est une fan inconditionnelle de la médecine traditionnelle chinoise. Ainsi, le feng shui, le qigong médical ou la réflexologie plantaire n'ont plus de secrets pour elle. Auparavant en surpoids, Adélaïde a suivi un rééquilibrage alimentaire qui lui a permis de passer de la taille 48 à 38. Sur OSDT, outre les sujets de maladies, elle traite également plusieurs autres thématiques en lien avec le bien-être et la santé : les régimes, les TCA (Troubles des conduites alimentaires), les recettes minceur et de pâtisseries, mais aussi tout ce qu'il faut savoir sur les protéines, fibres et glucides ou encore la psychologie de couple.

Mis à jour le lundi 1 juillet 2019

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