Tout savoir sur la nymphomanie ou l’incapacité à gérer son comportement sexuel

Questions santé : C'est quoi la nymphomanie ? Quelles sont les symptômes de la nymphomanie ? Quelles sont les activités associées à la nymphomanie ?

Mis à jour le : 21 novembre 2019

La dépendance sexuelle ou nymphomanie est un état dans lequel une personne ne peut pas gérer son comportement sexuel. Ces pensées persistantes ont des conséquences sur le travail, les relations, voire les activités quotidiennes. On parle également d’hypersexualité ou de comportement sexuel compulsif. Connue sous le nom de nymphomanie chez les femmes, il s’agit de la satyriasis chez les hommes. Bien qu’elle puisse présenter certaines caractéristiques communes avec la toxicomanie, la dépendance est liée à une activité et non à une substance. Le traitement peut aider, mais sans lui, la situation est susceptible de s’aggraver.

Faits principaux sur la nymphomanie

La nymphomanie empêche de gérer son comportement sexuel, sans que la raison ne soit clairement expliquée. Il est possible que cela mène à de graves répercussions, bien qu’elle ne soit pas encore considérée comme une maladie diagnostiquée.

Des centres de traitement et des groupes d’entraide peuvent vous accompagner en cas de nymphomanie.

Qu’est-ce que la nymphomanie ?

L’American Society of Addiction Medicine décrit la dépendance comme « une maladie primaire et chronique de la récompense du cerveau, de la motivation, de la mémoire et des circuits connexes ».

Toxicomanie sexuelle

La nymphomanie est une incapacité à contrôler les pulsions sexuelles, entraînant une détérioration des relations et de la qualité de vie. La personne est ainsi obsédée par le sexe, avec une libido anormalement intense. Ses pensées sont dominées par l’activité sexuelle, jusqu’à affecter ses interactions et son quotidien. Si ces pulsions deviennent incontrôlables, il est possible d’éprouver des difficultés dans des situations sociales.

La nymphomanie ou l’incapacité à gérer son comportement sexuel
La nymphomanie ou l’incapacité à gérer son comportement sexuel
Crédit photo :©pixabay

Dans certains cas, un individu ayant une vie sexuelle saine peut développer une obsession par la suite. Il sera stimulé par des actes et des fantasmes que la plupart des gens considèrent inappropriés. Dans certains cas, la personne peut souffrir d’un trouble paraphilique, comme la pédophilie qui a, pour sa part, été diagnostiquée. Cela traduit un dysfonctionnement et implique souvent de la détresse.

La nymphomanie n’est pas réellement considérée  comme une condition médicale, bien qu’elle puisse nuire aux relations de la personne atteinte. Il est difficile de l’identifier car les niveaux de libido varient en fonction des gens. À titre d’exemple, un homme peut considérer sa femme comme une « dépendante sexuelle » uniquement parce qu’elle a une libido plus élevée que lui.

D’autres recherches sont nécessaires pour déterminer si la nymphomanie est un trouble ou non.

Symptômes

Certaines tentatives visant à définir les caractéristiques de la nymphomanie s’appuient sur la littérature relative à la dépendance chimique. Il est possible que les systèmes et circuits de récompense du cerveau soient similaires à la toxicomanie. Ces mêmes personnes peuvent cependant être dépendantes de différents types de comportements sexuels, ce qui complique la définition de cette condition.

Les activités associées à la nymphomanie peuvent inclure :

  • La masturbation compulsive,
  • Une multiplicité des aventures et des partenaires sexuels,
  • La consommation persistante de pornographie,
  • La pratique de rapports sexuels non protégés,
  • Le cybersexe,
  • L’exhibitionnisme,
  • Le voyeurisme.

Les comportements et les attitudes peuvent inclure :

  • L’incapacité à contenir des pulsions sexuelles ou à respecter les limites des partenaires durant un moment intime,
  • Le détachement car l’acte ne satisfait pas l’individu émotionnellement,
  • La nécessité d’être attirant, amoureux et d’expérimenter de nouvelles histoires amoureuses, menant souvent à une série de relations,
  • Des sentiments de culpabilité et de honte,
  • La conscience que les pulsions sont incontrôlables, malgré les conséquences financières, médicales ou sociales,
  • Une tendance récurrente à céder aux pulsions et pratiquer des actes sexuels extrêmes,
  • S’adonner à des expériences intimes longues et fréquentes et donc y mettre de l’énergie et du temps excessifs,
  • S’imposer plusieurs tentatives pour arrêter, réduire ou contrôler cette condition,
  • L’abandon d’activités personnelles et professionnelles,
  • Le trouble de « rage sexuelle », où une personne devient agitée, angoissée, anxieuse, voire violente.

La nymphomanie semble également nécessiter l’établissement de règles pour se contrôler. Si celles-ci sont enfreintes, il faut veiller à en trouver de nouvelles.

Des études démontrent l’existence d’un lien étroit entre la nymphomanie présumée et la prise de risques. Une personne atteinte peut ainsi persister à avoir des comportements sexuels malgré les répercussions sur sa santé, telles que des Infections Sexuellement Transmissibles (IST), des blessures physiques ou des conséquences émotionnelles.

Complications

Un comportement sexuel non traité peut procurer un sentiment intense de culpabilité et une faible estime de soi. Certains patients peuvent développer une anxiété, voire sombrer dans la dépression.

D’autres complications peuvent survenir :

  • Des problèmes dans les relations (familiales, amicales ou amoureuses), voire des ruptures,
  • Des difficultés financières,
  • Des IST,
  • Des conséquences juridiques, si l’acte sexuel est illégal ou perturbe la vie publique, comme le cas de l’exhibitionnisme.

Causes

Les causes de la nymphomanie demeurent floues. La dépendance prend racine dans le centre de récompense du cerveau. Elle peut se produire lorsque certaines parties de l’organe confondent les réactions de plaisir avec les mécanismes de survie.

Le cerveau moyen est la partie qui gère le système de récompense du corps et les instincts de survie. L’activité sexuelle crée une poussée de dopamine, le produit chimique du  » bien-être », déclenchant ainsi une sensation de plaisir. Le mésencéphale confond alors cela avec de la survie.

Il est possible que le cortex frontal (ou centre de la logique et de la moralité du cerveau) des nymphomanes soit altéré par le cerveau moyen.

Des études sur des rats ont établi un lien entre les lésions d’une partie du cerveau appelée cortex préfrontal médial (mPFC) et un comportement sexuel compulsif. Cela pourrait jeter la lumière sur les causes de l’hypersexualité chez les humains.

Certaines études montrent une plus grande fréquence de comportements sexuels addictifs chez les individus issus de familles dysfonctionnelles, et ainsi plus susceptible d’avoir été victime de violence que les autres.

Un nombre important de personnes se rétablissant d’une nymphomanie ont signalé un certain type de dépendance parmi les membres de leur famille. Elle peut parfois se manifester en même temps qu’une autre addiction.

Diagnostic

Les symptômes de la nymphomanie peuvent ressembler à ceux d’autres dépendances, mais le diagnostic de la nymphomanie reste contesté. C’est pour cette raison qu’il existe différents critères pour diagnostiquer la maladie.

L’hypersexualité n’est pas un diagnostic formel, selon l’American Psychiatric Association (APA) Diagnostic and Statistic Manual of Mental Disorders, 5th Edition (DSM-V), en raison du manque de preuves sur l’existence de cette condition.

Cependant, la Classification internationale des maladies, dixième édition (CIM-10) fournit une catégorie dans laquelle l’hypersexualité peut entrer : « F52.8 : autre dysfonction sexuelle non due à une substance ou à un état physiologique connu ». La libido excessive, la nymphomanie et la satyriasis sont toutes incluses dans cette catégorie.

L’Institut Semel pour les neurosciences et le comportement humain, UCLA, a suggéré dans une étude de 2012 que, pour qu’une dépendance sexuelle soit considérée comme un trouble de santé mentale, un individu doit : « vivre des fantasmes sexuels répétés, des comportements et des pulsions qui durent plus de 6 mois et qui ne sont pas dus à des facteurs tels que les médicaments, une autre condition médicale, l’abus de substances ou des épisodes maniaques liés à un trouble bipolaire ».

Nymphomanie ou libido avancée ?

L’un des défis consiste à distinguer la nymphomanie d’une forte libido. Deux caractéristiques clés peuvent aider les professionnels de la santé :

  • L’incapacité constante de contrôler ses pulsions,
  • La poursuite du comportement malgré un préjudice causé.

Un médecin psychiatre qualifié saura différencier une libido avancée et une dépendance à la stimulation sexuelle ou d’autres troubles paraphiliques nécessitant une attention médicale.

Critères suggérés

Le Dr Aviel Goodman, directeur du Minnesota Institute of Psychiatry, propose des critères semblables à ceux utilisés en toxicomanie, qui permettraient de diagnostiquer une nymphomanie dont le comportement entraine des dommages importants.

Pour être diagnostiquée, il faut présenter au moins trois des caractéristiques suivantes durant une période de 12 mois. Celles-ci sont liées à des problèmes de tolérance et de sevrage, différentes des circonstances personnelles changeantes causées par la nymphomanie.

  • Le comportement doit augmenter en fréquence et en intensité pour obtenir l’effet désiré,
  • Le fait de continuer au même niveau ou à la même intensité ne produit pas l’effet désiré,
  • L’abandon du comportement entraîne un syndrome de sevrage, y compris des changements physiologiques ou psychologiques,
  • Un comportement similaire permet de réduire ou d’éviter les symptômes de sevrage.

D’autres critères possibles incluent le fait de :

  • S’adonner durant une longue période et une forte fréquence à ce comportement,
  • Essayer de contrôler ou de réduire le comportement sans y parvenir,
  • Consacrer du temps aux activités nécessaires à la préparation et à la récupération du comportement,
  • Réduire ou abandonner ses activités personnelles ou professionnelles importantes,
  • Poursuivre le comportement en sachant qu’il est susceptible de causer ou d’aggraver un problème physique ou psychologique persistant.

 

Tout est dit ! Ou presque… Vous êtes nymphomanes ou avez un proche qui souffre de cette condition ? Vous avez des conseils à partager avec les internautes ? Les commentaires sont faits pour ça !

OSDT.

Ecrit par : Adélaïde
Publié le mercredi 10 juillet 2019


Journaliste nutrition et santé, Adélaïde est là pour nous parler des pathologies courantes ; quelles en sont les causes et comment les traiter.
Elle est passionnée par la pharmacologie, la psychologie et la physiologie.

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