Replacer le débat dans son cadre scientifique
Après l'emballement médiatique, la question mérite d'être envisagée plus globalement et sereinement, sur la base de documents validés et référencés.
Les OGM encore une fois à la une de l'actualité !
Le débat est rouvert sur la base de « révélations » de toxicité d'un OGM sur les rats dont la communauté scientifique dans son ensemble, en France comme dans le monde, s'est aussitôt démarquée...
- d'abord, comment ne pas s'étonner que la communauté scientifique n'ait pu avoir accès à l'étude à paraître dans la revue Food and Chemical Toxicology qu'après les médias et que le Nouvel Observateur ait bénéficié d'une « clause de confidentialité » pour faire un «scoop» ?
- Plus grave : comment le comité de lecture d'une revue scientifique renommée a-t-il pu donner un avis favorable à la publication d'une étude comportant autant de carences méthodologiques, si évidentes que les experts du domaine les ont identifiées immédiatement ?
- l'équipe qui a procédé à l'étude ne comprenait aucun toxicologue et que les huit chercheurs signataires sont rattachés à l’Institut de Biologie de l’université de Caen et au Criigen (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie Génétique) connu pour ses positions militantes.
- Enfin, cet effet d'annonce peut-il justifier qu'une extrapolation à l'homme soit jetée en pâture à l'opinion publique sans les précautions scientifiques d'usage ?
Les auteurs :
Joël Guillemain est expert pharmaco-toxicologue, Président du Comité d'étide scientifique sur la toxicité des OGM à l'ANSES et membre de l’Académie nationale de Pharmacie.
Louis-Marie Houdebine est Directeur de recherche honoraire à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), Vice-Président honoraire du Comité d'étude scientifique sur la toxicité des OGM à l'ANSES et membre correspondant de l’Académie d’agriculture.
Les aspects environnementaux ne sont pas traités dans ce dossier.



