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L'AFEF s'adresse aux candidats à la Présidence de la République



 

Madame, Monsieur, le candidat à la Présidence de la République Française,

 

 

 

 

 

En cette année d’élection présidentielle, alors qu’ils concernent l’ensemble de la population des français, les thèmes touchant à la santé publique sont paradoxalement peu abordés. Parmi eux, les maladies du foie qui représentent dans notre pays un enjeu épidémiologique et économique majeur, restent mal connues et sous-estimées des pouvoirs publics et de la population.


L’Association Française pour l’Etude du Foie (AFEF), fondée en 1975 et Reconnue d’Utilité Publique, est une société scientifique ayant pour objectif de contribuer à la connaissance et au traitement des maladies du foie, et de favoriser le développement de toutes les activités concernant ces affections.

 

Pourquoi parler des maladies du foie ?

 

Organe vital, le foie peut être soumis à des agressions multiples : alcool, virus, surcharge graisseuse. Lorsque la maladie devient chronique, elle peut évoluer vers la cirrhose et le cancer (carcinome hépatocellulaire). Ces formes graves restent longtemps silencieuses en termes de symptômes, ce qui explique un diagnostic souvent trop tardif. A ce stade, la mortalité est élevée, et seuls des traitements lourds et coûteux tels que la greffe du foie peuvent guérir les malades.

 

Quelques chiffres pour vous éclairer :


Bien que la consommation moyenne d’alcool diminue régulièrement en France depuis la fin des années 60, les usages dits « problématiques » d’alcool (consommation chronique excessive, dépendance à l’alcool, consommation aiguë massive) demeurent une préoccupation majeure.

 

On estime en effet à 6 millions le nombre de personnes ayant un usage problématique d’alcool. Le nombre de séjours hospitaliers lié à l’ensemble des maladies provoquées par l’alcool est de 1,3 million par an. Le nombre de décès liés à l’alcool est d’environ 40 000 par an. Le nombre de décès liés à une maladie alcoolique du foie est de 7 000 par an.


Les hépatites virales B et C sont la deuxième cause de maladie grave du foie en France. On estime à environ 200 000 le nombre de personnes contaminées par le virus de l’hépatite C (transmission essentiellement par le sang) et 300 000 le nombre de personnes contaminées par le virus de l’hépatite B (transmission sexuelle et sanguine). Ces hépatites sont responsables d’environ 4 000 décès par an, soit autant que la mortalité routière en 2011.


La surcharge graisseuse hépatique (stéatose) est la troisième principale cause de maladie du foie. Elle s’inscrit dans le cadre plus large du syndrome métabolique, dans lequel l’obésité et le diabète de type 2 (le plus fréquent) jouent un rôle fondamental. La graisse hépatique peut jouer le rôle d’un agent inflammatoire et conduire à la cirrhose surtout après l’âge de 50 ans. Il y a 6,5 millions de sujets obèses en France.


Il existe enfin de multiples autres causes de maladies du foie, comme l’hémochromatose génétique (maladie génétique la plus fréquente), parfaitement traitable, les maladies auto-immunes, les maladies vasculaires, et les maladies biliaires.

 

Pourquoi prenons-nous la parole ?

 

 

Les hépatologues français réunis au sein de l’AFEF sont les médecins qui prennent en charge les malades atteints de ces affections. Ils sont à la pointe de la recherche clinique et fondamentale dans ce domaine.

 

Certains d’entre eux sont des leaders mondiaux dont les travaux ont permis d’améliorer la prise en charge des malades : mise au point d’outils diagnostiques permettant d’éviter la biopsie du foie chez les malades atteints d’hépatite virale, traitement de la forme aiguë de maladie alcoolique du foie, prévention et traitement des complications hémorragiques des cirrhoses, traitements des hépatites virales et des maladies biliaires.

 

Cette communauté médicale, dynamique et passionnée, s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une sous-estimation de ces affections. A titre d’exemple, seulement 1 000 malades par an peuvent bénéficier d’une greffe de foie, traitement ultime des formes les plus graves des maladies du foie, en raison du manque de greffons. On estime qu’il en faudrait trois fois plus pour répondre aux besoins. Il est donc urgent de prendre en charge ces maladies à un stade plus précoce et nous en avons les moyens.
 

Que demandons-nous ?

 

Les maladies du foie, au même titre que les cancers, les maladies cardio-vasculaires, la maladie d’Alzheimer, doivent devenir une grande cause nationale. Leur prévention (alcool, obésité, usages de drogues, conduites sexuelles à risque, vaccination), et leur diagnostic précoce grâce à un dépistage mieux organisé (hépatites virales) doivent permettre de diminuer une mortalité qui devient intolérable.

 

Traiter tôt, c’est guérir le malade. Toute perte de temps, liée à une prise en charge trop tardive, est synonyme de sur-mortalité. Aujourd’hui, seuls 30% des malades ayant une atteinte chronique du foie compliquée d’un cancer peuvent bénéficier d’un traitement curatif.


L’accès aux nouveaux traitements des hépatites virales doit être encouragé et facilité. Aujourd’hui, le traitement de l’hépatite B permet de neutraliser la multiplication du virus et le traitement de l’hépatite C permet l’éradication virale et donc la guérison. Les études de modélisation ont montré que le traitement de l’hépatite C par bithérapie a réduit la mortalité liée à cette maladie de 24%, soit moins 14 000 décès. L’arrivée de la trithérapie devrait permettre de réduire la mortalité de 15% supplémentaires.


Les coûts liés à la prise en charge des maladies du foie doivent être évalués dans une stratégie coût/efficacité et coût/bénéfice. Le prix d’une trithérapie pour un malade atteint d’hépatite C est d’environ 40 000 euros. Il doit être comparé aux coûts occasionnés par la prise en charge d’un malade au stade de cirrhose décompensée, puis greffé du foie, qui seront d’environ 100 000 euros.

De plus, la cirrhose a un impact direct sur la productivité. Chaque cas de cirrhose représente en effet en moyenne 12 années de vie productive perdue avant l’âge de 65 ans, contre 4 pour le cancer et 5 pour les maladies coronariennes.


Les conduites à risque ne doivent plus être stigmatisées, mais détectées et prises en charge. Toutes les catégories socio-professionnelles sont touchées par la consommation excessive d’alcool, l’obésité et l’usage de drogues.


Si l’Association Française pour l’Etude du Foie a décidé de s’inviter dans la campagne présidentielle, c’est pour enrichir le débat de santé publique qui ne manquera pas de s’imposer dans les mois qui viennent. Elle porte aujourd’hui, à travers cette lettre, une triple ambition : celle d’informer les futurs décideurs des enjeux économiques, sanitaires et sociaux posés par les maladies du foie ; celle de mieux faire connaître ces maladies aux français, afin de les inciter à se faire dépister et se soigner le plus tôt possible ; celle, enfin, de devenir un interlocuteur privilégié.

 

L’AFEF est aujourd’hui un des piliers de l’hépatologie française dont le niveau d’excellence n’est plus à démontrer. Elle veut être demain un acteur incontournable pour que dans le cadre d’une politique  de santé bien conduite, les maladies du foie trouvent une place renforcée que justifient leur fréquence, la gravité de leurs conséquences et les avancées thérapeutiques majeures qu’elles connaissent aujourd’hui.


Dans l’attente de votre réponse,  veuillez recevoir, Madame, Monsieur, le candidat à la Présidence de la République Française, l’expression de toute notre considération,
  


Professeur Paul Calès

Professeur Georges-Philippe Pageaux Président de l’AFEF Secrétaire de l’AFEF 

 

 

Source/Auteur : AFEF


Date : 27/01/2012



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édito

L'AFEF : Association française pour l'étude du foie

Association reconnue d'utilité publique


Créée en 1975 et reconnue d'utilité publique, l'AFEF ne perçoit aucune aide directe de l'Etat. Seule la générosité des donateurs lui permet d'assurer l'ensemble de ses missions.
L'association se compose de 430 membres (hépatologues, chirurgiens, chercheurs, anatomopathologistes, radiologues).

 

Objectifs


- Lutter contre les maladies du foie par :


• des actions de formation auprès des professionnels de santé,
• des actions d'information et de prévention auprès du grand public,
• un soutien à la recherche.


- Favoriser les échanges scientifiques entre hépatologues et autres disciplines liées aux maladies du foie par :


• l'organisation de réunions scientifiques,
• la publication de travaux en hépatologie.


- Participer au développement de l'hépatologie dans les pays francophones en voie de développement.

  • Actions diversifiées
  • Activités cliniques et scientifiques


- Prévention et dépistage,
- Collecte et diffusion des informations sur les maladies du foie,
- Optimisation de la prise en charge des patients,
- Formation continue des professionnels de santé en France et dans les pays en voie de développement,
- Recherche médicale (financement de projets de recherche clinique et fondamentale).

 

 

adresses utiles



Site Internet de l'AFEF

 

 


Articles en cours de révision.
Certaines références vont être ajoutées prochainement.