Quand et qui faut-il consulter ?
Lorsque les problèmes d’érection dérangent l’homme ou sa partenaire, ou lorsqu’ils se reproduisent régulièrement (même depuis moins de 3 mois), mieux vaut en parler à un médecin.
Le médecin généraliste traitant est le premier interlocuteur.
Il fait un bilan, puis oriente si besoin vers un spécialiste (urologue, endocrinologue, neurologue, psychologue, sexologue).
Le plus souvent, l’interrogatoire, l’examen clinique et une simple prise de sang suffisent à trouver la ou les causes du problème (athérosclérose, dépression, tabagisme…) ; des examens complémentaires plus lourds sont rarement nécessaires.
Quels sont les traitements disponibles ?
Hors les maladies causales requérant une prise en charge particulière, les troubles de l’érection sont traitables de plusieurs manières : psycho/sexothérapie, décisions personnelles utiles, manoeuvres diverses (injection dans le pénis…), prise ponctuelle de médicaments spécifiques, etc.
- Les aphrodisiaques sont formellement déconseillés : ils tiennent rarement leurs promesses (produits frelatés, charlatanisme), mettent la biodiversité en péril (corne de rhinocéros, aile de requin) et ont parfois des effets toxiques (cantharide). L’action de la Yohimbine et des « aphrodisiaques » censés augmenter le désir n’est pas prouvée scientifiquement.
- Les médicaments : les inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase (Viagra®, Cialis®, Lévitra®) aident à obtenir ou à maintenir une érection. Agissant seulement avec une stimulation sexuelle, ils n’augmentent pas le désir et ne provoquent pas d’érection automatique. Le mécanisme d’action du est le même, ils se différencient surtout par leur rapidité d’action (entre 25 minutes et 1 heure) et leur durée d’efficacité (entre 3-4 heures et 36 heures). Ils sont efficaces chez 60 à 80% des hommes. Des contre-indications existent, il ne faut donc pas les acheter sur Internet, d’autant plus qu’on y trouvent très souvent des contre-façons qui ne contiennent aucune substance active (voire toxique) ou pas le bon dosage.
- Les injections intra-caverneuses (injections dans le pénis), utilisables en cas d’échec ou de contre-indication des traitements oraux, entraînent une érection sans qu’une stimulation soit nécessaire.
- Le système Muse consiste à insérer dans l’orifice pénien un mini-suppositoire (alprostadil) qui déclenche l’érection.
- Le vacuum est une « pompe » placée autour du pénis qui aspire le sang dans les corps caverneux et provoque leur rigidité, celle-ci est ensuite maintenue par un anneau en caoutchouc placé à la base du pénis (jamais plus de 20 minutes).
- Enfin, la pose d’une prothèse pénienne gonflable ou semi-rigide par chirurgie, est une solution de moins en moins utilisée.
Quand faire appel à un sexologue ou sexothérapeute ?
Une érection n’est l’oeuvre de la volonté, mais celle du corps physique, des stimulations sexuelles physiologiques (odeur, vue, etc.) et de l’aptitude à « lâcher prise », c’est-à -dire à s’y abandonner.
Une sexualité satisfaisante fait généralement suite à de bons apprentissages. Quand l’apprentissage sexuel n’a pas été heureux, il est possible de rectifier la situation, à condition d’y faire face et de demander de l’aide.
Des séances de sexothérapie , seul ou de préférence en couple, peuvent aider à résoudre le problème, surtout s’il est lié à des facteurs psychologiques, ou une histoire personnelle scabreuse.
D’autres méthodes comme la relaxation, la sophrologie ou l’hypnose peuvent être utilisées.
Source/Auteur : Isabelle Gonse
en collaboration avec le Dr Damien Mascret, sexothérapeute (Paris)
Date : 22/08/2010
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