La douleur cancéreuse
Certaines maladies cancéreuses peuvent entraîner de la douleur, parfois transitoirement (pic douloureux), parfois de façon chronique. Certains prélèvements (piqûres, ponctions, biopsies…) et certains traitements peuvent eux-mêmes entraîner des douleurs. Il est impératif de repérer précocement ces différentes douleurs afin de les prévenir et de les soulager rapidement. Leur prise en charge associe des moyens médicamenteux et non médicamenteux. Elle nécessite des évaluations et des réajustements réguliers des moyens de soulagement utilisés.
La douleur n’est pas synonyme de gravité
La douleur n’est pas un bon indicateur de la « gravité » de la maladie : il existe des maladies bénignes qui peuvent provoquer d’importantes douleurs et des maladies avancées qui ne s’accompagnent d’aucune douleur.
Évaluer la douleur
Plusieurs échelles sont utilisées pour quantifier la douleur, une sensation qui est subjective. La plus employée est l’échelle visuelle analogique (EVA). Le patient y positionne l’intensité de la douleur sur une règle de 10 cm représentant d’un côté l’absence de douleur et à l’autre extrémité la douleur la plus forte. L’intensité est alors mesurée par la distance entre la position indiquée par le patient et l’extrémité « pas de douleur ». Le score compris entre 0 et 10 indique le niveau de douleur ressenti par le patient. Cette évaluation répétée permet de suivre l’efficacité de la thérapeutique antalgique et de la réajuster selon les besoins.
Les traitements médicamenteux
Le traitement médicamenteux de la douleur associe un protocole continu, efficace 24 heures sur 24, et des solutions permettant de soulager des pics douloureux qui pourraient persister de façon ponctuelle. Pour se faire, les médecins associent des médicaments à longue durée d’action (comprimés, gélules ou patch) et des médicaments à durée d’action plus brève (quelques heures) et à l’efficacité immédiate (comprimés, gélules, solutions buvables, sucettes). Les médicaments prescrits tiennent compte du type de douleur, du délai et de la durée d’action des molécules utilisées.
- Pour des douleurs légères à modérées, des antalgiques courants comme le paracétamol ou des anti-inflammatoires peuvent être suffisants. Il est aussi possible d’avoir recours à des associations qui améliorent l’action de ces médicaments.
- Pour une douleur importante, des dérivés morphiniques peuvent être prescrits («traitement antalgique de palier III» selon la classification de l’OMS). Ces médicaments sont efficaces sur un grand nombre de douleurs. Ils sont globalement bien tolérés.
Les « pompes à morphine »
La mise en place d’un dispositif appelé « PCA » (pour « patient controlled analgesy », soit «analgésie contrôlée par le patient ») peut être envisagée. Il s’agit d’une pompe miniaturisée, portée en bandoulière, qui délivre un dérivé morphinique. Elle est programmée pour administrer l’antalgique avec un débit continu et offre au patient la possibilité de s’administrer des doses complémentaires (« bolus ») en cas de pics douloureux.
Certaines douleurs répondent moins bien au traitement par les dérivés morphiniques. Il s’agit de douleurs liées à des atteintes des nerfs, blessés par la maladie ou les traitements. On parle de douleurs neurogènes. Ces douleurs sont assez caractéristiques dans leurs manifestations : sensations de brûlures, picotements ou décharges électriques. Elles réagissent davantage à des médicaments qui vont moduler la conduction de l’influx nerveux des nerfs lésés. Ce sont des médicaments de la famille des antidépresseurs, des anesthésiques ou des anti-comitiaux, utilisés comme antalgiques alors même qu’il n’existe ni dépression, ni maladie épileptique.
Les thérapies non médicamenteuses complémentaires
Les services de soins palliatifs font appel à des méthodes complémentaires aux traitements médicamenteux pour soulager les douleurs. Il peut s’agir de stimulations cutanées par application de chaud (parafangothérapie) ou de froid (cryothérapie), de stimulations électriques (TENS), de stimulations mécaniques (massages). Il peut encore s’agir de kinésithérapie, d’ergothérapie, de psychomotricité, d’acupuncture ou l’auriculothérapie, de techniques de relaxation telles que la sophrologie ou encore de psychothérapies (cognitivo-comportementales, analytiques, hypnose…). Des thérapies occupationnelles (arthérapie, musico-thérapie…) peuvent aussi apporter un soulagement.
Sources - Brochure « Les soins palliatifs », ARC
Source/Auteur : Association pour la Recherche sur le Cancer
Date : 24/11/2009
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