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Tabac et grossesse

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Risques du tabagisme durant la grossesse

 

Le tabagisme est un risque sanitaire pendant la grossesse, qu’il soit actif (femme fumeuse) ou passif (femme en environnement fumeur).

La fumée de tabac (inhalée ou pas) altère la santé de la femme, celle de son fœtus, celle de son entourage proche (conjoint, autres enfants).


Une conférence de consensus a fixé en 2004 les recommandations toujours en vigueur pour la prise en charge par les médecins du tabagisme durant la grossesse, de la procréation à l’accouchement.

 

Des recommandations de bonnes pratiques professionnelles y ont ajouté leur poids. Néanmoins les médecins ne connaissent pas toujours le statut tabagique de leurs patients, c’est un frein important à un sevrage, de préférence avant le début de toute grossesse.

 

De plus le manque d’information loyale aux femmes en âge de procréer ne leur permet pas de saisir l’opportunité d’un sevrage à cette occasion fortement investie, sevrage qui mènerait idéalement à une abstinence définitive.

 

Dangers et conséquences du tabagisme durant la grossesse

 

On évalue à 60.000 morts annuelles le tribut payé au tabagisme en France. Il faut y ajouter les maladies et troubles qu’il cause, dont la baisse avérée de la fertilité, tant féminine que masculine.


Chez la femme, les grossesses spontanées sont moins faciles (environ 50% d’échecs supplémentaires), ainsi que les procréations médicalement assistées (environ 50% d’échecs supplémentaires).

Cette difficulté s’aggrave proportionnellement à la durée du tabagisme et avec l’âge : le cumul de ces deux facteurs est un ennemi juré de la maternité !


Le tabagisme augmente le risque de grossesse extra-utérine (GEU) avec des décès maternels associés non négligeables (3,5%des GEU en 2006). La corrélation entre tabagisme et fausse couche spontanée est aussi étayée par la majorité des données internationales ; le risque serait deux fois supérieur.


Les grossesses chez des fumeuses sont estimées à 20% en 2009 (sources INSEE), soit environ 160.000 bébés vivants directement exposés au tabagisme maternel : nombre réduit des fausses couches et morts in utero dont il est la cause. Ce serait le record européen de femmes enceintes fumeuses.

 

Effets secondaires et dangers du tabac durant la grossesse

 

Le tabagisme est une maladie avec intoxication et dépendance chroniques, qui demande une prise en charge spécifique par un professionnel de santé, pour éviter sa mortalité élevée : 50% des décès de fumeurs sont liés au tabac.

Durant la grossesse, ses effets sont amplifiés chez la mère et l’enfant, et ne diffère pas entre tabagisme passif et actif. Seul le niveau d’intoxication varie proportionnellement à la quantité de tabac absorbée.

 

Chez la mère


Le taux élevé d’hormones sexuelles augmente nettement le risque de thrombose veineuse profonde et d’embolie pulmonaire, mais aussi celui d’un AVC (accident vasculaire cérébral) ou d’un infarctus du myocarde.


Comme hors de la grossesse, le tabagisme augmente le risque maternel de bronchite, asthme et grippe, ainsi que les infections, en particulier les pyélonéphrites. (Rappel : les infections urinaires sont fréquentes et trop souvent méconnues durant la grossesse).

Les fumeuses enceintes ont plus souvent une hypertension maligne (pré-éclampsie), une hémorragie de la délivrance et un placenta mal placé (placenta praevia).

La grossesse s’interrompt plus souvent par fausse couche ou mort in utéro ; la rupture des membranes menace (rupture prématurée de la poche des eaux), et le diabète gestationnel est plus fréquent.

 

Chez le fœtus


Le premier effet du tabagisme est la mauvaise croissance du bébé (retard de croissance intra-utérin), qui garde un petit poids (hypotrophie fœtale) ou décède avant l’accouchement (mort in utero).

 

La perte de poids du bébé à la naissance quand sa mère est fumeuse active est de 200 g ; elle est de 40g si la mère est fumeuse passive.

Seule l’abstinence tabagique corrige la perte de poids du nouveau-né « fumeur ».

Une nuance toutefois : l’influence du tabac durant le premier trimestre de la grossesse semble négligeable. C’est donc le bon moment pour entamer un sevrage, si cela n’a pas été fait avant.

 

La mortalité néo-natale augmente aussi, ainsi que le risque de mort subite du nourrisson.


Un phénomène de sevrage nicotinique à la naissance doit être envisagé et prévenu. En effet, le pic de nicotine sanguin est 15% supérieur chez le fœtus que chez sa mère lors des deux heures qui suivent la consommation d’une cigarette.

Ce tabagisme fœtal explique probablement en grande partie les troubles plus fréquents du développement cérébral du nourrisson : comportements violents, agitation et plus grande sensibilité aux drogues (dépendance accrue). Le risque de troubles mentaux au cours de la vie serait augmenté d’environ 50%.
A savoir également : l’obésité des « bébés fumeurs » est plus fréquente que celle d’enfants de mère non fumeuse (50% supplémentaires).

 

 


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à retenir



 

Informations sur le tabagisme durant la grossesse

 

Le meilleur moyen de ne pas avoir à se sevrer de tabac durant une grossesse est de ne pas commencer à fumer. Les sevrages définitifs réussis sont rares : 6% des mères fumeuses. Toute jeune fille devrait être informée du risque important de dépendance et d’intoxication tabagiques avec ses risques pour sa fertilité et la santé de ses futurs bébés.


Vivre sans tabac par l'ARC

Risques du tabagisme et bénéfices de l'arrêt du tabac.


Articles en cours de révision.
Certaines références vont être ajoutées prochainement.