Nombre de suicides en france
195 000 hospitalisations annuelles sont liées à une tentative de suicide selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, mai 2006).
Les femmes (tous âges confondus) font 4 à 5 fois plus de tentatives de suicide que les hommes.
60% de ceux qui tentent le suicide sans le réussir répéteront leur geste.
Facteurs de risque du suicide
Ils sont familiaux et affectifs
Violences familiales, en particulier l’inceste, difficulté à communiquer, impression d'être incompris, rejeté, de ne pas être comme les autres (en cas d’homosexualité par exemple), échec scolaire...
Divorce. Deuil, perte du conjoint. Solitude. Difficulté à exprimer son mal être, sa tristesse.
Ils sont toxiques et psychiatriques
Addictions diverses (à l'alcool, au cannabis), psychoses, dépression...
Malades souvent isolés, prises abusives de médicaments souvent accompagnés d'alcool. Indifférence fréquente de l'environnement. Très grande solitude, longues journées sans occupations...
Ils sont socio-économiques
Problèmes professionnels (stress, harcèlement), quête de la performance qui rend l'individu vulnérable. Chômage. Mises en retraite. Peur de l’avenir.
Incarcération : le taux de suicides en prison est 12 fois supérieur à la moyenne nationale.
Le suicide préoccupant des personnes âgées
La France détient le triste record de la mortalité par suicide des personnes de plus de 60 ans. Un suicidé sur trois en 2005 !
Ajoutons les suicides déguisés quand la personne se laisse mourir par refus d’alimentation ou de soins. Et les demandes de suicides assistés.
Les facteurs de risque
La solitude : la proportion de personnes âgées vivant seules est trois fois plus forte qu’en 1969. Quatre femmes sur cinq de plus de 75 ans vivent seule, souvent par veuvage.
L’addiction (psychotropes ou alcool...)
Le manque de reconnaissance (familiale, sociale...) en raison de la dépréciation de la vieillesse.
La dépersonnalisation, notamment en maison gériatrique.
La maltraitance, physique, verbale, psychologique par la famille, ou le personnel des maisons de retraite
L’absence de prise en charge médicale
L’ennui, la dépression ou les maladies graves
Avec pour conséquences :
• Le narcissisme mis à mal
• La honte d’être vieux
• Le sentiment d’inutilité
Les moyens de prévention
• Meilleure prise en charge médicale
• Augmentation du personnel des maisons de retraite
• Mise en place de solidarités actives : rapprochement maison de retraite / crèches ; colocations (1 toit pour 2 générations) ; revalorisation sociale de la vieillesse ; renforcement de la confiance en soi.
Reflexion sur le suicide des jeunes en France
Deuxième cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans, il persiste 600 suicides par an, malgré une baisse significative de 41% depuis 1993.
Le terme « suicide » signifie étymologiquement le « meurtre de soi ». Se suicider introduit une redondance : « se tuer soi-même ». Cette insistance du soi circonscrit l’acte au seul sujet et exclut l’autre. Mais il n’y pas de suicide sans que l’autre soit interpellé : « je désigne, à travers ma disparition, ceux qui en sont responsables car ils n’ont pas fait en sorte que je sois autorisé à exister. »
Les jeunes suicidaires disent souvent ne pas accuser leurs parents ; une dernière lettre rappelle combien ils les aiment. Les mots tendres masquent l’agressivité inconsciente. Ils affirment le contraire de ce que l’on ressent trop violemment et intolérablement. L’adolescent en réalité en veut à ses parents malgré les lettres qu’il peut leur laisser.
Y a-t-il des causes à ce sentiment de «non-existence » autodestructeur?
Les situations à risque sont :
1 Les agressions corporelles en particulier les violences sexuelles. L’inceste est un puissant facteur de pulvérisation identitaire.
2 Les situations d’adoption constituent souvent « un cocktail Molotov » où diverses souffrances sont réunies de manière explosive.
3 Des antécédents familiaux de suicides dont la prise en charge correcte n’a pas eu lieu ou a échoué.
4 Les difficultés de la relation parents-ados : quand les parents luttent contre le sentiment pénible de vieillir en sortant de leur rôle stabilisant de parents pour jouer les copains.
5 Les maladies mentales qui décompensent à l’adolescence : en particulier les psychoses comme la schizophrénie où le risque suicidaire est très élevé (35 fois supérieur à la normale avant 35 ans).
6 La part du risque génétique dans la répétition des situations : il n’est pas forcément héréditaire. Les troubles du fonctionnement psychique sont complexes et parfois apparus pendant le développement de l’enfant.
7 Les intoxications cérébrales par les drogues (alcool, cannabis, etc.) qui déstabilisent des neurones vulnérables ; particulièrement à l’adolescence.
Le suicide en chiffres
(INSERM, année 2005)
Ce ne sont pas les plus jeunes les plus nombreux !
10.713 décès annuels par suicide dont :
73% d’hommes 27% de femmes
567 décès annuels chez les 15-24 ans (5,3%) dont :
439 hommes
(4,1% des suicides ; 5,6% des suicides masculins)
128 femmes
(1,2% des suicides ; 4,4% des suicides féminins)
6478 décès annuels chez les 30-59 ans (60,5%) dont :
4774 hommes
(44,6% des suicides ; 61% des suicides masculins)
1704 femmes
(15,9% des suicides ; 59% des suicides féminins )
3 639 décès annuels chez les plus de 60 ans (33,9%) dont :
2595 hommes
(24,2% des suicides ; 33,1% des suicides masculins )
1044 femmes
(9,7 % des suicides ; 36% des suicides féminins )
Source/Auteur : Isabelle CHAUMEIL-GUEGUEN,
présidente de l' Association SUICIDE ECOUTE
Date : 08/01/2009
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