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Vaincre la stérilité
Le terme « stérilité » est pratique mais imprécis. Les médecins préfèrent parler soit d'infécondité lorsqu’il y a difficulté à débuter une grossesse, soit d'infertilité lorsqu’il y a difficulté à avoir un enfant vivant. Cette situation douloureuse et explosive entraîne, chez 15% des couples confrontés à ces problèmes, des troubles relationnels, sexuels et parfois une séparation.
D'où viennent les troubles de la fécondité ?
L’infécondité concerne autant les hommes que les femmes, pas de jaloux : cause ovarienne (30%), tubaire ou utérine (10 à 20%), causes masculines (30%), mixtes (20%). Et causes inexpliquées pour 10 à 20% des cas, ce qui laisse une marge aux spéculations sur l’influence du cerveau sur le corps...
Apprendre tôt, l’art d’éviter les risques
Il n’est jamais trop tôt pour expliquer aux jeunes que leur compréhension et la maîtrise de leur corps permet d’éviter les risques majeurs de stérilité ; à commencer par les infections sexuellement transmissibles (IST), particulièrement à chlamydiae, qui bouchent les trompes féminines comme nous le disions précedemment. Moins connue, l'obésité, si elle n'est pas en elle-même un facteur d’infécondité, réduit le succès des traitements prescrits contre la stérilité. C’est une raison supplémentaire de contrôler son poids. A l'autre extrémité alimentaire, l'anorexie bloque l'ovulation par déficit calorique.
Quand donner l’alerte ?
La consultation du médecin est conseillée lorsque des rapports sexuels pénétrants et non protégés ne provoquent pas de grossesse au bout d'un an chez les femmes de moins de 38 ans, et plus tôt, au bout de 6 mois, pour les femmes de plus de 38 ans.
A quoi ressemble un bilan complet pour stérilité présumée ?
Chez un homme, le spermogramme (examen du sperme après éjaculation dans un tube à essai en laboratoire) est indispensable. S’il est normal, les examens s'arrêtent là . Dans le cas contraire, on complète avec des dosages hormonaux ainsi qu'un caryotype (analyse des chromosomes des spermatozoïdes). Cela sera fait dans un centre de PMA (procréation médicalement assistée) où le couple sera alors adressé.
Un passage en « deuxième semaine » ?
Si la première vague d’examens ne permet pas de bien connaître la cause de la stérilité, on lance une deuxième vague chez Madame, qui s’étire en moyenne sur quatre à six mois, et trois ou quatre consultations.
Des solutions plus ou moins techniques à des causes variées
C’est le diagnostic qui détermine le traitement, et ses chances de succès.
L’OFFRE en PMA
1- La stimulation de l'ovulation, par médicaments (clomifène), si elle n’est pas très bien calibrée, aboutit généralement à un nombre important d’ovules libérés, donc à des grossesses multiples qui exigent une surveillance étroite de la grossesse... et des dilemmes moraux ! La réduction du nombre d’embryons peut être nécessaire ; une telle intervention a son risque propre et son poids de deuil. 2- L’insémination artificielle consiste à déposer les spermatozoïdes à l'intérieur de l'utérus, au-delà d’un obstacle organique : par exemple une anomalie du col de l'utérus ou une glaire qui fait barrage aux spermatozoïdes. Son taux de réussite va de 10 à 14% par cycle menstruel. On la tente généralement durant trois à six cycles. 3- La FIV (fécondation in vitro) est une méthode plus complexe. Les gamètes mâles (spermatozoïdes) et femelles (ovules) sont prélevés par masturbation pour l'homme, par ponction des follicules pour la femme. Ils sont mis ensemble dans un tube à essai pour se féconder. L'embryon qui en résulte est transféré au bout de quelques jours dans l'utérus. On pratique la FIV pour contourner une altération des trompes ou du sperme, ou une endométriose. 4- La FIV ICSI consiste à injecter de force dans l'ovule le spermatozoïde qui doit le féconder. 5- Le don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) est parfois nécessaire quand l'un des conjoints du couple n'en a pas du tout. Les gamètes sont alors prises chez un donneur de sperme ou une donneuse d’ovules. Ce don est strictement encadré par la loi : consentement écrit du couple, sérodiagnostic des maladies infectieuses, passage devant un notaire ou un juge pour que le futur enfant ne puisse pas être déshérité...
Qui paie ?
3 questions au Pr Patrice LOPES, gynécologue au CHU de Nantes.
La stérilité psychogêne existe-t-elle ? La dépression ou le stress peuvent être responsables de troubles de l'ovulation ou de la sexualité, et causer une baisse transitoire de la fécondité. On parle souvent de ces couples qui ont suivi tout le parcours de la PMA, sans résultat. Et voilà qu'au moment d'adopter en solution finale, la femme tombe enceinte! On invoque le psychologique. Ce n'est pas forcément le cas. Dans l'infécondité, le temps est l'allié du médecin ; hors stérilité avérée (trompes bouchées, azoospermie, ménopause précoce) il y a toujours une chance de concevoir avec le temps.
Quelle conséquence a la prise en chage sur le couple ?
Comment prendre une part active aux consultations ? Comment faire une courbe de température?
Pour faire cette courbe, il faut prendre sa température tous les matins, si possible à la même heure, avant de se lever. On reporte cette température sur un graphique, du premier jour des règles jusqu'au mois suivant. Il se produit une légère élévation (de 3 à 5 dixièmes de degré ) à la date de l'ovulation. Les deux jours précédant l'ovulation sont les plus fertiles du cycle. Source/Auteur : Fabienne RIGAL et Dr Sophie DUMERY, En collaboration avec le Pr Patrice LOPES, gynécologue au CHU de Nantes. Septembre 2009
En partenariat avec :Date : 15/12/2009
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à retenirBeaucoup d’opinions fausses
Un sondage réalisé en février 2009 par BVA Opinion pour le Collège des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), avec le soutien de Merck Serono, révèle une méconnaissance dommageable de la physiologie féminine dans le public majeur (18 ans et plus).
La période la plus fertile de la femme ? 85% des personnes interrogées la situe entre 20 et 30 ans. Mais la Nature est plus restrictive. Le pic de fertilité féminine se situe à 20 ans ; il est connu de 18% seulement de l’échantillon. Ensuite la fertilité décroît régulièrement pour chuter à 35 ans, ce que savent seulement 15% des interrogés. En conséquence, les jeunes filles entre 15 et 25 ans ne peuvent négliger leur contraception si elles ne souhaitent pas d’enfant. Mais pas non plus remettre après 35 ans les enfants qu’elles désirent, si elles le peuvent.
Le risque (ou la chance) maximal d’être enceinte lors d’un cycle menstruel ? A 25 ans une femme en couple a seulement 25% de chances (ou de risques) d’être enceinte à chaque cycle lorsqu’elle a des rapports réguliers avec son conjoint. Ce qu’imagine seulement 14% des personnes interrogées ; une sur deux postule 50% et une sur trois 75% ! On est très loin du compte. Ce taux chute très vite : la fécondation intervient seulement dans 12% des cycles lorsque la femme couple à 30 ans puis 6% à 40 ans ; alors que deux personnes sur trois (69%) pensent qu’il est de 25% et plus.
La chance d’être enceinte grâce à la PMA (fécondation in vitro) ? Pour une femme de 30 ans elle n’est que de 20%, mais 87% des gens pensent qu’elle est de 25% et plus. Pour une femme de 40 ans le succès d’une PMA (FIV) chute à 4%, c’est-à -dire presqu’autant qu’une vie sexuelle de couple fertile du même âge à chaque cycle menstruel.
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Des informations sur l'aide médicale à la procréation lexique santé Ovulation : L’ovulation correspond à une étape spécifique du cycle menstruel de... Prolactine : La prolactine est une hormone fabriquée par l’hypophyse. Progestérone : Hormone sécrétée durant la seconde phase du cycle ovarien Hormone : Substance chimique produite par une glande (ou un tissu) endocrine ... Utérus : Terme anatomique désignant l’organe de l’appareil reproducteur féminin Fécondation : Stade de la reproduction où fusionnent une cellule reproductrice ... Embryon : Dès les premières divisions cellulaires qui suivent la phase de ... Ablation : Acte chirurgical consistant à retirer de l’organisme une formation ... LH : L’hormone lutéinisante (LH) est une hormone produite par l’hypophyse. |
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