Le rayonnement solaire, les UVA, UVB...
Le 29 juillet 2009, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), émanation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), accusait les appareils de bronzage à émission d’ultraviolets (UVA, UVB et UVC) d’être cancérogènes de catégorie 1 pour l'Homme, c'est-à -dire les plus nocifs. Que faut-il comprendre ?
S’adonner au bronzage avant l'âge de 30 ans augmente non seulement le risque de mélanome cutané de 75% mais aussi celui de mélanome oculaire !
Quelques mois plus tôt, l’Académie nationale de Médecine s’était opposée (rapport du 26 mai 2009) à cette pratique dangereuse ; elle a même qualifié la législation de « faussement protectrice » car laissant croire qu’utiliser ces cabines émettant des rayons UVA « reste acceptable », en dépit de recommandations d’utilisation « jamais respectées ». L’Académie s’appuyait sur une récente étude britannique (Cancer Research UK/ News & Resources News archives du 13 mai 2009), selon laquelle 80% des utilisatrices de cabines recourent à ce bronzage artificiel avant l'âge de 35 ans.
Mais malgré la précédente mise en garde de l’Académie en décembre 1997, la fréquentation des salons à bronzer n’a fait qu’augmenter ! S’ajoute le fait qu’en 2008, la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) a verbalisé un quart des cabines de bronzage françaises, en infraction sur divers points de sécurité.
Le bronzage (synthèse d’un pigment appelé mélanine) est une réaction de défense de la peau contre les rayons ultra-violets (UV), mais reste un filtre très imparfait. Par ailleurs, on les a longtemps crus inoffensifs, mais les UVA sont tout aussi agressifs que les UVB. Ils sont directement responsables de la recrudescence de l’ensemble des cancers cutanés dont le nombre double tous les dix ans. En plus des coups de soleil, ils accélèrent le vieillissement cutané (rides et taches de vieillesse), provoquent la couperose et amincissent la peau ; et provoquent aussi des lucites estivales, ces allergies solaires se manifestant par une éruption localisée, chez 900.000 personnes chaque année. Le soleil peut aussi déclencher des ophtalmies (coup de soleil de l’œil) et, à plus long terme, induire cataracte et dégénérescences de la rétine.
On distingue six types de peau face aux UV, appelés phototypes.
Phototype I : La peau de ces personnes est blanche (du fait d’une large majorité de pigments rouges, la phéomélanine) avec souvent des cheveux blonds ou roux, les yeux bleu-verts. Non seulement ces peaux ne bronzent jamais mais brûlent très rapidement avec un fort risque de coup de soleil. Phototype II : La peau est claire, la chevelure blonde, rousse voire châtain, les yeux verts/bruns. Le risque de brûlure est important, pour un hâle très léger. Phototype III : La peau est modérément claire, les cheveux châtains voire bruns avec des yeux bruns. Sans trop de risque de brûlure, un bronzage peut apparaître progressivement. Phototype IV : Ce sont typiquement les peaux mates, aux cheveux bruns ou noirs avec des yeux bruns foncés. Leur risque de brûlure est faible pour un hâle satisfaisant et rapidement acquis. Phototype V : Ces peaux très foncées, avec des cheveux noirs, des yeux bruns très foncés, ont un risque minime de brûlure. Phototype VI : Ce sont les peaux noires (cheveux noirs et yeux noirs), qui ne brûlent jamais car elles possèdent principalement un pigment brun (l’eumélanine)
L’écran total étant un leurre, la qualification d’écran SPF 50 + est plus juste. Quoi qu’il en soit, les experts conseillent de choisir une crème protectrice contre les UV d’un indice au moins 30, pour éviter carcinomes et vieillissement cutané. Plus la peau est claire, plus l’indice doit être élevée, mais tous -y compris le phototype VI- doivent se protéger.
Voici quatre conseils pour se préserver des UV :
Vous voilà parés. Trois questions au Dr Alain Archimbaud
Quelle est la réalité du risque cancérigène du rayonnement solaire?
Dr Archimbaud : En France, le mélanome est l’une des tumeurs cancéreuses (à partir de cellules appelées mélanocytes) dont l’incidence a le plus augmenté ces vingt dernières années : sa fréquence a triplé chez l’homme et plus que doublé chez la femme. Environ 7 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an en France et la progression reste constante, avec un pic d’apparition entre 40-50 ans.
Quels sont les facteurs de risque et comment surveiller sa peau ?
Dr Archimbaud : Les facteurs de risques les plus importants sont un grand nombre de grains de beauté (de 50 à 100) et des grains de beauté dits atypiques (de grande taille et de plusieurs couleurs) ; ici le risque est plus que quintuplé. Ces personnes doivent faire examiner leur peau annuellement par un dermatologue et s’auto-examiner corps entier (y compris les ongles et le cuir chevelu) une fois par trimestre.
Qu’est-ce qui doit alerter dans l’apparence d’une tache ou d’un grain de beauté, susceptible d’être un mélanome ?
Dr Archimbaud : Le plus fréquent est le « mélanome à extension superficielle » : ce sont des taches irrégulières noir, marron, rouge, ou même non colorées, parfois en relief. Le « mélanome localisé » est le plus courant, mais parfois, les cellules tumorales migrent vers les ganglions ou les canaux lymphatiques proches, voire ont disséminé à d’autres organes (métastase). La méthode ABCDE de dépistage du mélanome
Elle aide à découvrir précocement les signes d’un mélanome pour éviter une évolution plus sévère comme l’extension vers les ganglions voire d’autres organes :
Source/Auteur : Hélène Joubert en collaboration avec
le Dr Alain Archimbaud, dermatologue attaché à l’hôpital Saint-Louis (Paris) Date : 08/07/2010 Revenir au sommaire
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