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Sexualité des personnes âgées en institution
Conseils pratiques
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Pourquoi la sexualité des personnes âgées est-elle difficile à comprendre ?


C’est d’abord une question culturelle. Beaucoup de croyances religieuses associent la sexualité à la reproduction. De plus, la sexualité de l’autre interroge toujours sur sa propre sexualité. Dans ce cas, c’est imaginer la sexualité de ses parents : c’est « insupportable ». Ensuite, on pense que les personnes âgées n’ont pas de désir, qu’elles sont dans l’incapacité de faire l’amour, qu’elles ne sont pas attirantes donc pas désirables. Enfin, d’aucuns pensent que le sexe chez les personnes âgées est honteux et pervers.


En ce qui concerne les institutions : les couples ne disposent que très rarement de chambres équipées de lits doubles. Ceci pour des raisons techniques ou médicales (les lits sont souvent des lits médicalisés), voire d’organisation ou de gestion des établissements (les chambres doubles sont plus difficiles à remplir…).


Bien sûr, il n’est pas question ici de personnes âgées ayant des comportements déviants sous l’influence des troubles mentaux (syndromes démentiels, psychoses aiguës ou chroniques…). Mais, là encore, la déculpabilisation est nécessaire et le mode de prise en charge doit être adapté.

 

Est-ce que la sexualité est la même que chez les personnes jeunes ?


Chez tous les êtres humains il y a autant de sexualités, de formes d’actes sexuels et de moyens d’atteindre le plaisir qu’il y a d’individus. Tendresse, amour romantique, rapport sexuel… la frontière est floue. Aujourd’hui, on admet plus facilement l’acte sexuel sans sentiment et inversement. La notion de plaisir ayant son origine dans le cerveau, il n’y a aucune raison qu’une personne vieillissante en soit privée.

 

Si l’on admet que certains conservent les plaisirs de leurs sens (odorat, goût, vue…) à un âge avancé, il n’y a aucune raison que le toucher en soit exclu. D’ailleurs, aux deux extrêmes de la vie, c’est-à-dire chez le nourrisson et la personne âgée, c’est le toucher qui s’avère le plus important. C’est pourquoi les soignants expérimentés sont de moins en moins choqués de la sexualité des personnes âgées. Une personne âgée est d’abord une « Personne ». La priver d’un de ses plaisirs peut être aujourd’hui considéré comme de la maltraitance.

 

 

 

Source/Auteur : Lucie GALLION
Date : 03/07/2009

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à retenir



La sexualité humaine a ceci de particulier qu’elle ne se réduit jamais à un simple fonctionnement d’organe. Même pour le sujet le plus fruste, la jouissance érotique est toujours liée à un recrutement de fantasmes, de constructions imaginaires, de rappels d’expériences antérieures, de recherche de nouveauté, ne serait-ce que sur le mode de représentations élémentaires. La personne âgée en bonne santé mentale n’y échappe pas.

adresses utiles



 

A lire

Nicolas Lépine. Vieillir en institution. Sexualité, maltraitance, transgression. Préface de Jacques Gaucher. Éditions Chronique sociale 2008 : 175 p.