Y a-t-il des risques pour le foetus lors des rapports sexuels ?
D’après une étude récente, près d’une femme sur quatre a peur d’avoir des rapports sexuels avec pénétration durant la grossesse. Cette crainte de blesser le bébé ou de provoquer un accouchement prématuré est parfois partagée par le partenaire ; elle est injustifiée lors d’une grossesse normale. Le fœtus est en effet bien protégé dans l’utérus ; un bouchon muqueux au niveau du col utérin l’isole efficacement du vagin. Différentes études montrent qu’il n’y a pas d’association significative entre activité sexuelle et accouchement prématuré.
Toutefois, le médecin qui suit la grossesse peut inciter à la prudence en cas de placenta mal placé ou de menace d’accouchement prématuré préalable. Il faut donc lui demander son avis plutôt que de s’inquiéter indûment.
Quelles sont les contre-indications médicales à la pénétration vaginale ?
Les rapports avec pénétration vaginale sont contre-indiqués en cas de menace d’accouchement prématuré sévère, lorsqu’il existe des contractions utérines importantes qui modifient le col ; ou si le placenta est praevia, c’est-à -dire qu’il recouvre le col de l’utérus. La pénétration vaginale risque alors de provoquer des saignements. Si le partenaire est porteur d’un herpès, mieux vaut s’abstenir, car les préservatifs ne protègent pas entièrement. Une poussée d’herpès génital à l’accouchement peut nécessiter une césarienne pour éviter des complications neurologiques et oculaires graves chez le bébé.
Les risques infectieux (infections urinaires ou infections sexuellement transmissibles) ne sont pas plus élevés pendant la grossesse, mais s’ils surviennent, il est important de consulter pour éviter les complications.
Que faire si le médecin incite à la prudence ?
Si le médecin conseille d’être prudent, il faut lui demander les raisons précises, les pratiques « interdites » et « autorisées » : pénétration vaginale, anale, avec ou sans orgasme ?
Lorsque les pénétrations vaginales sont déconseillées, il est souhaitable de poursuivre les relations avec les caresses (buccales par exemple), les jeux sexuels, la masturbation réciproque, qui maintiennent l’intimité et la complicité amoureuses.
Quand et comment reprendre la sexualité après l’accouchement ?
La baisse du désir après l’accouchement est normale à cause de la chute brutale des hormones de la grossesse ; et parce que le périnée est évidemment douloureux après un accouchement par voie basse, surtout si la femme a subi une épisiotomie. Cela dure une quinzaine de jours. De plus, la mère consacre toute son attention à son bébé, à l’allaitement, elle est fatiguée par les réveils nocturnes…
La sexualité reprend pour la plupart des couples sept semaines après l’accouchement, et un mois après la naissance pour 20% d’entre eux (1). Si des problèmes persistent (douleurs du périnée, du ventre, troubles urinaires, « baby-blues »…), il faut en parler sans attendre avec son partenaire, avec son médecin ou un sexologue. C’est le moyen d’intervenir efficacement et rapidement.
(1) Joana Rocha Pauleta et al. J Sex Med 2010 ;7 : 136-142.
Source/Auteur : Isabelle GONSE
En collaboration avec le Dr Damien MASCRET, sexothérapeute (Paris)
Date : 26/05/2010
Revenir au sommaire