À quel moment consulter ?
À la ménopause, toutes les femmes doivent faire le point avec leur médecin sur l’état de leurs os et régulièrement ensuite jusqu’en fin de vie.
À tout âge et quel que soit le sexe, il faut consulter en cas de perte de taille supérieure à 3 cm, d’apparition d’une courbure anormale ou de douleurs inexpliquées du dos.
Que fait le médecin ?
Un bilan radiographique est nécessaire en cas de fractures soupçonnées face à une douleur osseuse durable, ou pour prouver le tassement vertébral lors d’une réduction de taille.
Au vu des risques spécifiques du patient, le médecin prescrit ou pas un examen mesurant la densité minérale osseuse ou DMO : l’ostéodensitométrie. ou densitométrie osseuse par absorptiométrie biphotonique à rayons-X (rachis et fémur). Son résultat est exprimé par le T-score : écart entre la densité osseuse mesurée et la densité osseuse théorique de l’adulte jeune de même sexe, au même site osseux (rachis lombaire, extrémité supérieure du fémur ou poignet). Certains appareils permettent aussi de calculer le risque fracturaire ou VFA.
La densitométrie osseuse simple est remboursée par l’Assurance Maladie lorsqu’elle est pratiquée chez les femmes de plus de 50 ans, à concurrence d’un examen tous les 6 ans au plus, et seulement si son résultat influence la prise en charge du patient (Synthèse HAS, Mai 2007).
Le score FRAX est un algorithme élaboré par l’OMS, estimant la probabilité individuelle de fracture ostéoporotique sèvère (rachis symptomatique, poignet, humérus, fémur…) à 10 ans. Cette évaluation se fait avec 9 facteurs de risque cliniques : âge, poids, antécédent personnel de fracture, antécédent parental de fracture du fémur, tabac, alcool, polyarthrite rhumatoïde, corticothérapie générale et ostéo¬poroses secondaires. Auxquels s’ajoute le T-score fémoral (DMO).
Le médecin peut compléter ce bilan par un dosage sanguin de la vitamine D et diverses analyses en fonction du contexte. Dans tous les cas, il est indispensable de corriger une insuffisance en vitamine D et en calcium avant d’entreprendre un traitement spécifique.
Ce traitement spécifique est adapté à l’âge, au sexe, à l’importance de la perte osseuse, à l’existence ou non d’antécédents de fractures...
Une recommandation des médecins spécialistes (Société Française de Rhumatologie et Groupe de Recherche et d’Information sur l’Ostéoporose) est parue en décembre 2011. Elle stipule que trois facteurs majeurs déterminent la nécessité d’un traitement spécifique : la DMO basse : T-score inférieur à -3, l’âge élevé, un antécédent personnel de fracture. Il suffit d’un antécédent personne de fracture et d’un T-score inférieur à -3 pour justifier le traitement pendant 3 à 5 ans. Chez les personnes n’entrant pas dans ce cadre, le score FRAX permet de juger de l’intérêt de traiter.
Selon la recommandation de ces professionnels, le choix des médicaments de l’ostéoporose (biphosphonates, raloxifène, tériparatide ou ranélate de strontium) dépend de leur remboursement et de leur tolérance au long cours. Le traitement hormonal substitutif de la ménopause est proposable entre 50 et 60 ans s’il existe en parallèle des troubles dits climatériques (bouffées de chaleur, troubles de l’humeur de la privation hormonale).
Les mesures d’hygiène sont toujours nécessaires : activité physique et sportive adaptée (marche, jogging, gymnastique), apport suffisant en calcium (produits laitiers, et/ou 1,5 l d’une eau minérale riche en calcium), exposition solaire quotidienne minimale (sortie à l’extérieur), arrêt du tabac, réduction de la consommation de café, de sel et d’alcool, et bien sûr la prévention des chutes.
Comment préparer ma consultation pour ostéoporose ?
Noter l’apparition de douleurs osseuses des membres, et surtout de douleurs persistantes du dos. Noter aussi les antécédents familiaux, les prescriptions médicamenteuses et les régimes alimentaires divers qu’on suit ou a suivi.
Mise à jour par le Dr Sophie Duméry - Janvier 2012