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Métabolisme des médicaments
Conseils pratiques

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Comment identifier les risques ?


Les risques proviennent finalement moins de l’âge de l’état civil que de la prédisposition génétique, des maladies en particulier chroniques (hypertension et diabète surtout) et d’une polymédication (beaucoup de médicaments) inadaptée, source d’accidents médicamenteux.


Les médecins spécialistes du grand âge (gériatres, gérontologues) sont les mieux placés pour apprécier les spécificités du sujet âgé et la nécessité d’harmoniser les traitements en fonction d’une batterie de critères exposés dans les référentiels de la Haute Autorité de Santé (HAS).


Les médecins sont attentifs à ne pas menacer un équilibre physiologique fragile. Toutefois, si la bonne qualité de vie et l’autonomie imposent de prescrire exactement le nécessaire, celui-ci peut être conséquent !


Il convient d’utiliser avec finesse la forme sous laquelle se présente le médicament : comprimé, gélule, sirop, gouttes, aérosols, la « galénique » en langage médical. De cette forme dépendent la libération du produit et la qualité de suivi du traitement (une personne âgée sur deux ne suit pas correctement son traitement) : par exemple, les liquides, plus vite assimilés et plus rapidement actifs, remportent leurs suffrages comparativement aux comprimés difficiles à couper ou jugés trop gros pour être avalés. Quant au dosage, il est conseillé de le diminuer de moitié lorsqu’on instaure un traitement chez le sujet âgé, quitte à l’augmenter au bout d’un certain temps s’il est bien toléré et si le résultat peut être amélioré.

 

Les principales situations à risque


Le rein s’altère inéluctablement plus ou moins vite. Tous les médicaments qui l’atteignent sont à prescrire avec prudence : les antiinflammatoires par exemple. Le ralentissement des fonctions digestives (gastrique et intestinale) est à prendre en compte.


Certaines classes de médicaments très prescrites avec l’avancée en âge réclament une attention particulière : anticoagulants pris par la bouche à ne pas associer à des médicaments connus pour leurs effets antiplaquettaires (comme l’aspirine à dose antalgique) sous peine de provoquer une hémorragie, ni à l’alimentation qui annule leurs effets (aliments riches en vitamines K) et permet à la maladie d’apparaître (embolies par exemple, accident cérébral). Les psychotropes sont dangereux s’il n’y a pas de diagnostic précis et confirmé les motivant : hypnotiques, antidépresseurs, anxiolytiques ; de même pour les anticholinergiques, certains médicaments cardiologiques dont les antihypertenseurs et les médications de l’insuffisance cardiaque (digitaliques).


Les associations fixes (deux molécules dans le même comprimé par exemple) de plusieurs médicaments destinés à traiter l’hypertension sont déconseillées, car on ne peut pas moduler subtilement la prescription selon l’état de la personne.

 

Que fait le médecin ?


Après avoir déterminé la dose optimale pour son patient, c’est-à-dire la dose efficace mais non toxique permettant d’obtenir l’effet souhaité, le médecin prescrit la molécule appropriée.


Il demande des analyses biologiques (dosage de la créatinine) pour évaluer la fonction rénale de son patient : notamment s’il prescrit des anticoagulants, des antibiotiques (classe des quinolones), des morphiniques ; plus encore s’il prescrit du lithium pour des troubles de l’humeur, en raison de l’accumulation des résidus (métabolites) toxiques pour le rein.


Les polypathologies (plusieurs maladies en même temps) compliquent la prescription médicale et la tâche des soignants, qui doivent vérifier le suivi du traitement (observance), la régularité des horaires et du volume des prises, et être attentifs à l’espacement des prises médicamenteuses au cours de la journée afin d’éviter les surdosages. On tient compte de la malabsorption de l’intestin qui réduit l’effet de certains traitements : le passage des médicaments dans la circulation est freiné, comme celui des minéraux et des aliments.


L’arrêt du médicament, ou « sevrage » constitue un moment critique car il doit être progressif avec les benzodiazépines, les corticoïdes ou les bêtabloquants.

 

Source/Auteur : Monique CHARRON
Date : 03/07/2009

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à retenir



Les médicaments sont responsables de 10 % des hospitalisations chez les plus de 65 ans et de 20 % chez les octogénaires. L’affaiblissement des fonctions hépatique et rénale est responsable du changement de métabolisme des médicaments avec l’âge. La prescription tient toujours compte de leur état (bilan biologique nécessaire).

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