La ménopause n’est pas une maladie
Pour la Haute Autorité de Santé (HAS), les choses sont claires : la ménopause n’est pas une maladie, c’est un événement naturel mais invalidant. La substitution hormonale est la première réponse qui vient à l’esprit face à la privation estroprogestative, avec des risques aujourd’hui bien mieux connus.
Un traitement hormonal de la ménopause (THM) ne doit être retenu que si les bénéfices qu’il apporte sont supérieurs aux inconvénients qu’il engendre. Publiée en 2002, l’étude américaine WHI réalisée sur plus de 16 000 femmes ménopausées démontre que celles qui ont suivi un traitement hormonal à base d’estrogènes pendant 5,2 ans connaissent une augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires et surtout de cancer du sein.
L’Afssaps (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a confirmé au fil du temps les résultats de cette étude ; elle souligne « que les risques observés [sont] corrélés à la durée de traitement et que les bénéfices du traitement ne sont pas remis en cause par la communauté scientifique ». Par ailleurs, la progestérone joue un rôle clé dans la prévention du cancer de l’utérus et peut être intégrée au traitement hormonal substitutif.
La balance avantages/inconvénients du traitement hormonal substitutif
Pour Jacques Lansac : « Si la patiente ne se plaint pas des effets de la ménopause, il n’y a aucune raison de lui proposer un traitement, car les inconvénients sont supérieurs aux risques. En revanche, si elle souffre de bouffées de chaleur, de sécheresse vaginale, de troubles du sommeil, le gynécologue doit l’informer quant aux avantages et aux inconvénients du traitement ».
L’Afssaps recommande que le traitement soit instauré à « dose minimale efficace, et ce tant que durent les symptômes ». Jacques Lansac estime que l’on est « aujourd’hui passé d’un excès à l’autre. Beaucoup de femmes réclament en effet un traitement alors même qu’elles ne souffrent d’aucun symptôme. Le meilleur traitement reste bien entendu celui que l’on ne prend pas ».
Source/Auteur : Stephan MULLER
en collaboration avec Jacques LANSAC
Date : 07/07/2009
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