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Laits infantiles : de quoi s’agit-il ?

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Laits infantiles : de quoi s’agit-il ?

 

Les laits infantiles sont des formules lactées élaborées le plus souvent à partir du lait de vache et dont la composition tend à se rapprocher du lait maternel.
On trouve plus de 160 laits infantiles sur le marché.
Les laits infantiles ne peuvent toutefois pas remplacer le lait maternel, qui contient tous les éléments nécessaires pour la croissance et toutes les qualités pour un développement harmonieux du nourrisson (digestibilité, prévention des allergies, des infections, de l’obésité voire du diabète et peut-être même meilleur développement cérébral).
En dehors de l’allaitement, prioritairement recommandé, tous les bébés doivent être nourris avec des laits infantiles jusqu’à l’âge de 3 ans, sous peine de carences nutritionnelles.

 

Quels sont les enjeux réglementaires ?


La directive 2006/141/CE de la Commission européenne du 22 décembre 2006 vise à éclaircir et surveiller la conformité des laits infantiles sur le marché.
Trois catégories de laits infantiles remplacent les anciens termes « maternisé » et « humanisé ». On dispose actuellement, de la naissance à l’âge de 3 ans :
– des préparations pour nourrissons ;
– des préparations de suite ;
– et des laits de croissance.


Comment se présentent les différents laits infantiles ?

 

Les laits infantiles actuels ont une teneur en protéines qui a fortement baissé pour se rapprocher de celle du lait maternel (10 à 12 g/l).

Préparations pour nourrissons
Ce sont des laits pour nourrisson (1er âge) : de la naissance jusqu’à 4 à 6 mois à défaut d’allaitement maternel.


Deux formules

 

• Lait liquide stérilisé.
• Lait liquide en poudre, à reconstituer avec une eau bouillie peu minéralisée comportant la mention « convient aux nourrissons ».

 

Trois types de préparations

 

Les préparations à base de protéines de lait de vache
• Teneur en protéines réduite (12 à 17 g/l).
• Apport en glucides, en général lié à un mélange dextrine-maltose-lactose (teneurs variables en lactose).
• Teneur en lipides : 35 g/l en moyenne (matières grasses d’origine végétale + acides gras essentiels).
• Parfois rajout de probiotiques ou prébiotiques, qui ont une action bénéfique sur la flore intestinale et en prévention de diarrhées infectieuses.
• De nouveaux procédés ont permis d’obtenir un profil d’acides gras essentiels comparable à celui du lait maternel.

 

Les laits hypoallergéniques « HA »

• Ce sont des préparations à base d’hydrolysats partiels de protéines (laits dont on a « cassé » les protéines).
• Ils sont proposés dès la naissance jusqu’à 6 mois en cas de risque allergique (antécédents familiaux d’intolérance aux protéines du lait)

 

Les préparations à base de protéines de soja (ne contiennent pas de lactose ni de soja OGM)

• Elles sont moins utilisées.
• En alimentation transitoire lors de diarrhées sévères ou d’allergie aux protéines du lait de vache, mais après l’âge de 6 mois et après avoir tenté un lait aux indications spécifiques (hydrolysat extensif de protéines).
• Préparations à base soit de protéines de soja (parfois hydrolysées), soit de collagène de porc.
• Choisir des préparations vendues en pharmacies sous le terme « préparation pour nourrissons » ou « préparations de suite » car ce sont les seules à être supplémentées en certains acides aminés (méthionine, carnitine) et en calcium.

 

Préparations de suite
• Ce sont des laits de suite (2e âge) : à partir de 6 mois jusqu’à 12 mois. À base de protéines de lait de vache, ils font suite aux laits pour nourrissons.
• Laits adaptés à la période de diversification alimentaire.
• Apport protéique suffisant.
• Apport équilibré en matières grasses végétales et acides gras essentiels, vitamines, calcium, phosphore, fer et autres sels minéraux.

 

Laits de croissance
• Laits adaptés à la croissance de l’enfant jusqu’à 3 ans, supplémentés en vitamine D, fer et acides gras essentiels.
• Intérêt certain par rapport aux laits UHT, utilisés souvent trop tôt par souci d’économie.
• Sans risque d’entraîner un surpoids, contrairement au lait de vache trop riche en protéines, en mauvais acides gras saturés, et à teneur insuffisante en fer et acides gras essentiels.

 

Laits aux indications spécifiques

 

Laits épaissis ou « AR » (en pharmacie) ; « confort » ou « premium » (en grande distribution)

• En cas de régurgitations.
• Laits épaissis par de l’amidon de riz ou de maïs ; ou par de la farine de caroube (uniquement en pharmacie).
• Laits intéressants en cas de constipation (coliques).

 

Laits sans lactose
• En cas d’intolérance au lactose.
• Ou en phase de réalimentation après des diarrhées aiguës prolongées.

Hydrolysats extensifs de protéines (hydrolyse des protéines plus poussée)
• En cas :
– de réalimentation de diarrhées aiguës du nourrisson de moins de 3 mois ;
– de diarrhée grave prolongée ;
– de syndrome de malabsorption ;
– de mucoviscidose ;
– d’allergie aux protéines du lait de vache.

 

Laits acidifiés (avec des ferments lactiques)

• En cas de troubles digestifs mineurs (douleurs abdominales, gaz, ballonnements).
• Caséine (principale protéine du lait de vache) mieux tolérée et teneur en lactose souvent réduite.

 

Laits « transit »
• En cas de constipation.
• Laits sucrés en majorité au lactose qui accélère le transit.
• Risque de fermentations acides (gaz, douleurs abdominales) si les capacités enzymatiques du bébé sont insuffisantes.

Lait contenant plus de sucres complexes (dextrine, maltose et amidon) et beaucoup plus de caséine
• En cas d’enfant glouton.
• Lait qui ralentit la vidange de l’estomac et augmente la sensation de satiété (mais peut entraîner une constipation).

 

Laits pour prématurés ou bébés de faible poids
• Teneur en protéines et sodium plus élevée et teneur en lactose réduite.
• Enrichis en graisses (triglycérides à chaîne moyenne), en vitamines (B9, C, D et E) et surtout en acides gras polyinsaturés à longue chaîne (Agpi-LC).
• Enrichis en probiotiques en prévention des entérocolites ulcéronécrotiques.

 

De quoi faut-il se méfier ?


Il faut se méfier des préparations à base de soja qui ne sont pas indiquées en cas d’intolérance aux protéines de lait de vache à cause du risque d’allergie associé.


Trois questions à...

 

Pr Michel VIDAILHET, Professeur émérite de Pédiatrie, Faculté de médecine de Nancy (54)

 

« Il existe plus de 160 laits infantiles sur le marché. Comment s’y retrouver pour faire le bon choix ? »


Choisir un lait infantile est un réel problème, car la communication (qui sous-entend aussi promotion) est interdite pour les laits 1er âge (environ 60 laits), sachant que c’est l’allaitement maternel qui doit être prôné en priorité. En pratique, le choix d’un lait infantile doit se faire avec le médecin, ce qui n’est pas souvent le cas. Seuls, les laits à indication médicale (comme les laits hypoallergéniques) et quatre ou cinq marques sont distribués uniquement en pharmacie où ils peuvent bénéficier du conseil du pharmacien.

 

« Y a-t-il de grandes différences entre un lait de suite et un lait de croissance ? Le lait de suite, moins cher que le lait de croissance, peut-il être poursuivi à la place du lait de croissance ? »


Il n’y a pas de différence entre les laits de suite (en poudre) et les laits de croissance qui ont la même composition, si ce n’est que les laits de croissance sont liquides et parfumés (à la vanille ou vanilline ou au cacao). La directive européenne concerne les laits infantiles (lait 1er âge et lait de suite) jusqu’à l’âge d’un an. Les industriels ont accepté de s’en tenir à la même réglementation pour les laits de croissance, qui peuvent être utilisés à partir de 10 mois.

 

« Les laits infantiles en France sont-ils sûrs en termes de sécurité sanitaire ? Existe-t-il un risque de retrouver sur le marché des laits chinois contaminés par la mélamine ? »


Les laits infantiles répondent en France à des règles de sécurité très strictes dans le cadre de la directive européenne de décembre 2006 qui est de plus en plus précise. En ce qui concerne les laits chinois contaminés, il n’y a pas de risque de les retrouver sur le marché français, car tous les laits infantiles commercialisés sont connus et répertoriés. Le marché des laits infantiles est très surveillé, et la DGCCRF serait très vite informée dès la moindre suspicion de mise sur le marché de laits infantiles ne répondant pas aux normes très strictes de la réglementation.

Propos recueillis par le Dr Martine ANDRE


Source/Auteur : Dr Martine ANDRE
Date : 27/03/2009


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à retenir



Il existe un risque de sensibilisation aux protéines de soja non négligeable avec, dans plus de la moitié des cas, des allergies croisées entre protéines du lait de vache et protéines de soja. De plus, on retrouve des phytoœstrogènes à doses élevées dans les préparations à base de soja.

Les allergies au printemps

Comment choisir un lait infantile ?

adresses utiles



Laits infantiles, mode d’emploi

 

À lire

Patrick Tounian, Françoise Sarrio, Céline Ringuedé. Alimentation de l’enfant de 0 à 3 ans. Ed. Masson 2005 : 205 p.


Articles en cours de révision.
Certaines références vont être ajoutées prochainement.