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dimanche 01 août 10 -
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Le point sur les interactions entre médicaments et aliments
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Interaction : de quoi parle-t-on ?


L’action des médicaments vis-à-vis de l’organisme peut varier, en fonction de l’âge, des états pathologiques, du poids etc. mais aussi de certains nutriments contenus dans des aliments. Négligés, ces risques d’interactions entre aliments et médicaments sont pourtant nombreux, d’où la mise au point récente de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

 

On parle d’interaction médicament/aliment lorsqu’un aliment exerce une action négative sur un médicament, les deux peuvent alors réagir chimiquement ou entrer en compétition vis-à-vis des récepteurs des médicaments.

 

Quel est l’enjeu des interactions aliments/médicaments ?


Si, dans la majorité des cas, les interactions aliments/médicaments n’ont pas d’effet significatif, quelques aliments ont cependant un impact sur les médicaments en diminuant théoriquement leur efficacité ou en augmentant leur toxicité. La plupart n'entraîne cependant pas de modification des effets thérapeutiques.

 

En pratique, les habitudes alimentaires des Français, standardisées et équilibrées, ne leur font pas encourir de risque majeur.

 

Quels sont les mécanismes de ces interactions ?


Les mécanismes d'interaction aliments/médicaments impliqués sont variables. Le plus souvent, il s’agit d’interaction dites pharmacocinétiques, c’est à dire entraînant une modification des concentrations sanguines du médicament. C’est surtout dans les cas où les variations de concentrations dépassent 30% que des conséquences sont possibles.

 

Par exemple, la formation de complexes insolubles médicament/aliment est responsable d’une diminution de l’absorption des médicaments et/ou des nutriments.

 

La nature du régime (riche ou pauvre en graisses) peut aussi influencer la résorption, c’est à dire le passage dans la circulation sanguine. Les modifications de concentrations sanguines s’expliquent aussi par des interactions :


- au niveau des enzymes responsables du métabolisme des médicaments (les cytochromes P450 hépatiques et intestinaux)
- ou des transporteurs permettant aux médicaments et/ou aux nutriments de pénétrer dans les cellules ou d’en sortir.


D’autres interactions peuvent aussi se produire - dénommées pharmacodynamiques - au niveau des récepteurs cellulaires de la réponse pharmacologique.


En vedette : le foie, l’intestin et les cytochromes P450…

 
La quantité de médicament présent dans la circulation générale dépend de la quantité absorbée par l'épithélium digestif mais aussi des processus d'élimination. Le médicament est dégradé dans l’intestin, métabolisé dans les cellules de l’intestin (les entérocytes) et du foie, puis diffusé dans ces deux organes. Avant d’être distribué dans tout le corps.


Le métabolisme fait référence à la transformation du médicament en un ou plusieurs composés par une réaction enzymatique. Les sites de biotransformation sont le foie ainsi que l’intestin, et les éléments-clé de ce système enzymatique sont les cytochromes P450 aux multiples sous-familles appelées des isoenzymes. D’où l’importance des aliments qui agissent sur les cytochromes CYP450, soit en les activant, soit en les inhibant.

 
Il existe des différences entre les individus, à cause de la variété (polymorphisme) génétique des isoenzymes P450 (ou isoformes).

 

L’intensité des interactions peut - théoriquement - varier d’un individu à l’autre.

 

 

 

 


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à retenir



Certains médicaments peuvent réagir chimiquement avec les nutriments contenus dans les aliments. Si ces interactions entre médicaments et aliments produisent rarement des effets cliniquement décelables, elles sont néanmoins à prendre en compte, soit pour améliorer l’efficacité ou la tolérance des traitements, soit pour réduire les risques d’effets adverses. Deux catégories d’aliments sont à consommer avec précaution : les brassicacées (choux, brocolis, épinards …) et les agrumes dont le pamplemousse.

adresses utiles



Information internet

  • Médicaments et aliments (Afssaps 2008) y compris le pamplemousse
  • Conférence de Bruno Lacarelle (CHU La Timone, Marseille)  sur les interactions entre aliments et médicaments à  l’Institut Français pour la Nutrition (IFN)
  •  

    A lire

    « Aliments et médicaments : Comment éviter les interactions ? »

    de Gaël Sitzia (livre de 169 pages  aux Editions Josette Lyon, 2009