À quel moment consulter ?
Il est inutile de consulter avant l’âge de 5 ans (6 ans pour les garçons) sauf lors d’une énurésie secondaire après une période de propreté.
Ensuite, lorsque l’énurésie persiste malgré l’adoption de règles d’hygiène simples (voir ci-dessous), il est conseillé de consulter son médecin traitant.
Comment préparer la consultation ?
Avant de voir le médecin, il est utile de remplir pendant 48 heures un « calendrier (carnet) mictionnel » précisant bien les nuits « sèches » et les nuits « mouillées » ainsi que les mictions et les fuites dans la journée. Surtout avec les horaires et les circonstances de survenue (grande émotion ou dispute, par exemple).
Que fait le médecin ?
Le médecin analyse les données fournies par le calendrier mictionnel et procède à un examen complet, en particulier neurologique. Il ne pratique pas d’examens complémentaires, sauf en cas d’infection urinaire suspectée.
Il peut choisir d’orienter l’enfant vers un urologue si la situation est très anxiogène pour la famille et qu’un référent supplémentaire lui paraît nécessaire, ou bien si l’énurésie est sévère (trois nuits mouillées et plus par semaine selon les recommandations professionnelles de l’AFU, 2009).
Chez l’enfant, motivé et souffrant d’un excès d’urines nocturnes, il propose des règles d’hygiène. C’est seulement quand ces règles sont insuffisantes chez un enfant de 6 ans et plus qu’il propose un traitement médicamenteux, comme l’analogue de l’hormone antidiurétique : la desmopressine.
Il est aussi possible de recourir aux systèmes d’alarme (pipi-stop) qui réveille l’enfant quand la fuite commence ; ils sont efficaces dans 60 à 80% des cas à condition que toute la famille soit impliquée durablement (trois mois d’utilisation au moins) avec un suivi comportemental.
Si l’enfant a aussi des fuites le jour et qu’on s’oriente vers une vessie trop petite et hyperréactive, il est possible d’agir sur l’immaturité vésicale avec l’oxybutinine. Mais seulement quand l’hygiène de vie et les moyens ont échoué. Toute autre prescription médicamenteuse relève d’une prise en charge spécialisée urologique.
Enfin, il faut dédramatiser la situation infamante avec l’enfant et ses parents pour éviter le repli social : dormir chez les copains et aller en colo doivent être possible. Il ne faut pas renoncer à la consultation du psychologue parce que « c’est rien du tout ». Ce « rien du tout » marque durablement l’enfant.