À quel moment est-il conseillé de consulter ?
Certains couples se satisfont d’une pénétration qui ne dure que quelques minutes. Ils y sont habitués ou ils compensent spontanément par des préliminaires et des caresses après la pénétration, qui permettent à la femme d’avoir du plaisir…
Mais si l’éjaculation précoce est mal vécue par l’homme ou par la partenaire et qu’elle représente un problème dans la sexualité du couple, il est conseillé d’en parler à un médecin (généraliste, sexologue, urologue…) Les hommes consultent souvent à l’occasion d’une rencontre avec une nouvelle partenaire.
Comment se passe la première consultation avec un médecin ?
Il n’est pas toujours simple pour l’homme de se confier et d’exprimer sa frustration mais ce serait dommage de ne pas en parler à son médecin car différentes aides peuvent être apportées.
Le médecin commence par poser des questions pour mieux cerner le problème : quand l’éjaculation précoce a-t-elle commencé ? Existe-t-il des circonstances favorisantes ? etc. S’il le juge utile, il peut demander des examens biologiques. Il explique quels sont les mécanismes en cause et les solutions qui peuvent être proposées : thérapie comportementale auprès d’un sexologue, relaxation, sophrologie, hypnose, psychothérapie, médicaments…
En quoi consiste la sexothérapie ?
La sexothérapie, approche proposée par des médecins formés à la sexologie repose sur l’apprentissage de la relaxation, de la respiration, du contrôle musculaire, sur une rééducation du périnée, et a recours aux images mentales… Une autre méthode, le « stop and go » (« arrêt-départ »), consiste à apprendre à arrêter la stimulation sexuelle juste avant l’éjaculation : cela peut aider l’homme à s’habituer à un haut niveau d’excitation, tout en contrôlant le réflexe de l’éjaculation.
Certains proposent la technique du Squeeze qui consiste à comprimer le pénis juste avant l’éjaculation. Cette méthode mécanique nécessite la participation de la partenaire et à une efficacité variable selon les personnes.
Selon les cas, il faut prévoir entre 3 et 10 séances, dont une au moins avec la partenaire et des exercices à pratiquer entre les séances.
Quels sont les traitements médicamenteux disponibles ?
La majorité des médicaments ne sont pas spécifiques à ce trouble et ne donc sont pas remboursés par la Sécurité sociale.
Il s’agit de certains anti-dépresseurs qui peuvent ralentir l’éjaculation mais ils comportent des effets secondaires : ils augmentent parfois la période réfractaire (la durée entre l’éjaculation et une nouvelle érection) ou ils réduisent la libido.
Des crèmes anesthésiantes peuvent aussi être utilisées mais elles diminuent les sensations, y compris parfois celles de la partenaire !
La dapoxetine (Priligy) est un traitement spécifique de l’éjaculation prématurée, qui devrait être prochainement commercialisé en France : il a démontré une efficacité modeste (de 0,9 minutes 3,2 mn ou 3,5 min dans une étude récente). Les hommes constatent un meilleur contrôle de leur éjaculation et une diminution de l’anxiété et du mal-être. Il contribue à augmenter sensiblement la satisfaction des partenaires.
Source/Auteur : Isabelle GONSE
en collaboration avec le Dr Damien MASCRET
Date : 07/06/2010
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