A quel moment consulter ?
Comme les dyslipidémies sont longtemps silencieuses il faut pratiquer des bilans réguliers. Un dépistage tous les cinq ans à partir de l'âge de 40 ans pour les hommes (50 ans ou la ménopause pour les femmes) est habituellement conseillé, quand il n’existe pas d’autre facteurs de risques cardiovasculaires connus qui nécessiteront de les pratiquer plus tôt. Des antécédents familiaux de dyslipidémie justifient un dépistage précoce, parfois dès l'enfance.
Comment préparer la consultation avec le médecin ?
Colliger les antécédents familiaux d'excès de cholestérol, de triglycérides et de maladies cardio-vasculaires.
Apporter ses analyses de sang avec le dosage du cholestérol et des triglycérides.
Enfin un récapitulatif de son alimentation donne des indications précieuses.
Que fait le médecin ?
Il pratique un bilan sanguin selon les recommandations de bonnes pratiques, outre l’examen complet du patient, particulièrement lors de l’avance en âge. Il recherche une atteinte d’organe par l’athérosclérose.
Le bilan biologique lipidique permet d’évaluer le risque cardiovasculaire. La controverse sur le prélèvement à jeun ou non a été tranchée par la Société européenne de cardiologie (Recommandations sur les dyslipidémies, 2011). Les triglycérides doivent être dosés à jeun. Mais le cholestérol total, les apolipoprotéines B et A1, et le HDL-cholestérol sont dosables à tout moment.
Ensuite le médecin fait le décompte des facteurs de risque cardiovasculaires et place le patient dans un des tableaux européens de risque : SCORE. La Société européenne de cardiologie les a mis à jour en 2011. Le risque cardiovasculaire est exprimé en pourcentage ; ce risque correspond à au moins un événement cardiovasculaire dans les 10 ans. Entre 1 et 5%, la personne est dite à risque modéré, entre 5 à 10% le risque est élevé (haut risque), au-delà de 10% le risque est très élevé (très haut risque).
Cela explique qu’on ne puisse pas fixer de normes sans vue d’ensemble du risque cardiovasculaire. Pour un adulte jeune en bonne santé sans autre risque, le cholestérol total doit être inférieur ou égal à 2 g/l, le HDL-cholestérol supérieur ou égal à 0,4 g/l, les triglycérides inférieurs ou égaux à 1,5 g/l. Ces valeurs sont de plus en plus sévères avec la confirmation de l’impact néfaste de l’hyperlipidémie sur la santé, et ce d’autant plus que l’espérance de vie est grande.
La prise en charge dépend du risque
Chez les sujets à très haut risque, le LDL-cholestérol (LDL-C) doit idéalement être inférieur à 0,7g/l. Si ce but ne peut être atteint, il faut réduire d'au moins 50% la valeur initiale du LDL-C. Chez les sujets à haut risque, on vise un LDL-C inférieur à 1 g/l. Chez les sujets à risque modéré, on vise un LDL-C inférieur à 1,15 g/l.
Diverses mesures sont prises par ajouts successifs, ou immédiatement ensemble quand le risque cardiovasculaire est élevé ou très élevé. La première est la mise en œuvre des mesures hygièno-diététiques idoines, la deuxième est la disparition ou l’allègement des autres facteurs de risque modifiables : tabagisme, surpoids, contraception hormonale…
Le traitement de l’hyperlipidémie par les médicaments hypolipémiants peut s’avérer indispensable. Il ne dispense jamais du traitement correct des maladies associées : hypertension, syndrome métabolique, diabète…
La surveillance régulière est indispensable, car ce suivi conditionne la réussite de la prise en charge.
Mise à jour par le Dr Sophie Duméry - Février 2012