Quels sont les facteurs de risque gestationnels ?
- Les antécédents familiaux de diabète ou personnels de diabète gestationnel,
- l’obésité,
- l’âge supérieur à 35 ans,
- des antécédents obstétricaux de pré-éclampsie,
- des antécédents de foetus mort in utero, ou de bébé avec macrosomie ou malformation
Quelles sont les modalités de prise en charge ?
En France, les équipes médicales optent pour une prise en charge intensive de ces femmes dans le but de réduire les conséquences materno-fœtales. Elles sont tout d’abord d'ordre alimentaire (régime à 50 à 55 % de calories sous forme de glucides, 15% sous forme de protéines, 30 à 35 % de lipides, plus de fibres, peu des graisses surtout saturées…). Ensuite on favorise l’activité physique.
L'insuline est proposée dans presque 40% des cas : lorsque le régime s’avère inefficace après une à deux semaines (si les glycémies à jeun sont supérieures à 0,95 g/l ou 5,3 mmol et/ou si les glycémies mesurées deux heures après un repas dépassent 1,20 g/l (6,7 mmol). L’insulinothérapie est cependant instaurée d’emblée si la glycémie à jeun est supérieure à 1,30 g/l (7,2 mmol) lors du test diagnostique.
Les antidiabétiques oraux ne sont pas à ce jour prescrits dans le diabète gestationnel.
Dans tous les cas, il est souhaitable de maintenir la moyenne des glycémies capillaires en dessous de 1,05g/l (5,8 mmol). Ce sont les glycémies obtenues par une autosurveillance quotidienne avec un lecteur de glycémie capillaire.
La prise en charge du diabète gestationnel est efficace si les objectifs glycémiques sont atteints : alors on normalise les risques fœto-maternels.
Quel est le suivi post-partum (après l’accouchement) ?
Le diabète gestationnel disparaît dans neuf cas sur dix après l'accouchement. Un contrôle est effectué trois à six mois après la naissance, au moyen d’une hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose (HGPO).
Plus l’élévation de la glycémie à jeun au cours de la grossesse est importante, plus grand est le risque d’un diabète de type 2 ultérieur. C’est pourquoi certaines équipes médicales proposent à ces femmes qui ont accouché un dépistage tous les 12 à 24 mois, associée à d’autres mesures préventives comme la normalisation ou stabilisation du poids, le maintien d'une activité physique régulière tout en limitant les autres facteurs de risque vasculaire.
Quant à l’enfant, son risque de surpoids et d’obésité à long terme serait accrû en cas de macrosomie.
Donc une bonne hygiène nutritionnelle et une activité physique suffisante sont souhaitables aussi pour l’enfant.
Source/Auteur : Hélène JOUBERT
En collaboration avec le Pr Pierre FONTAINE, diabétologue (CHRU de Lille, Université de Lille 2), coordinateur des études DIAGEST (programme régional de prise en charge du diabète gestationnel)
Date : 03/12/2009
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