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mercredi 08 février 12 -
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Crise suicidaire

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Crise suicidaire : De quoi parle-t-on ?

 

La crise suicidaire se définit  comme une crise psychique majeure au cours de laquelle un passage à l'acte suicidaire est élevé. Cette crise suicidaire est caractérisée par une insuffisance des moyens de défense de la personne, qui la place en souffrance aiguë et en rupture d'équilibre relationnelle avec elle-même et son environnement. Cette crise suicidaire est réversible et temporaire ; elle dure de 6 à 8 semaines, mais en sortir ne veut pas dire que le risque suicidaire s’annule. Ce qui justifie une prise en charge ferme, rapide et de durée adaptée.


 

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires de la crise suicidaire ?

 

Le principal risque d'une crise suicidaire est par définition le passage à l'acte réussi, donc le décès. Le suicide est la première cause de décès chez l’homme de 25-44 ans. Il s’agit également de la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans. Si les suicides de jeunes ont presque diminué de moitié entre 1993 et 2005, il reste cependant beaucoup de progrès à accomplir, d’après le Plan national d’actions contre le suicide (PNAS- 2011-2014). La mortalité par suicide reste très élevée en détention. Les détenus se suicident 6 fois plus que les hommes libres âgés de 15 à 59 ans. Après une baisse au début de la décennie, le nombre de décès par suicide tend à augmenter (109 en 2008 à 115 en 2009) toujours selon le PNAS- 2011-2014. Ce plan donne les informations les plus actuelles sur ce sujet.

 

En France, chaque année, plus de 10 000 personnes décèdent par suicide, soit environ 16 personnes sur 100 000, la France est en Europe parmi les pays à taux de mortalité élevé. Si le nombre de décès par suicide est connu grâce au CepiDC de l’Inserm avec toutefois une imprécision due à la sous-déclaration estimée à 20%, il n’en est pas de même des tentatives de suicide (TS). En effet, le nombre de tentatives de suicide fait encore l’objet d’estimations peu précises. En 2006, la Drees estime à environ 195 000 TS donnant lieu à un contact avec le système de soin chaque année. Par ailleurs, 10 660 décès ont été répertoriés dont 7.940 pour les hommes et 2.720 pour les femmes. Ces chiffres sont sans doute sous-évalués du fait du silence qui entoure ces drames, de 10 à 20% ce qui porterait le nombre effectif de suicides annuels jusqu’à 13.000.

 

Certaines tentatives de suicide liées aux blessures par armes à feu ne sont pas toujours recensées comme tentatives de suicide. Leur dépistage revêt une importance considérable puisque la tentative de suicide (TS) est le plus important des facteurs de risque de suicide connus. On estime le taux de mortalité des suicidants à 10 à 15 % ; près de la moitié des suicidés ont fait une ou plusieurs TS avant leur décès (Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014).

 

Quels sont les mécanismes de la crise suicidaire ?

 

Les caractéristiques des personnes ayant eu des pensées suicidaires ou fait une ou des tentatives de suicide sont surtout connues par des enquêtes déclaratives en population générale, par exemple le Baromètre santé de l’INPES. Toutefois le profil génétique est un facteur important. Dans une étude de Kohli et coll. (Archives of general psychiatry, 2010) trois mini-variations (sans mutation vraie) du gène du récepteur au facteur neurotrophe cérébral (BDNF) influent profondément sur le risque suicidaire au cours de la vie. Les personnes cumulant trois variations particulières de ce gène du récepteur ont 4,5 fois plus de risque de faire une tentative de suicide. Parce qu’ils sont moins sensibles aux molécules de restauration neuronale après agression : ils « cicatrisent » moins bien.

 

Les troubles psychiques observés à l’âge de 8 ans ne prédisent pas le risque de suicide ultérieur (l’adolescence) dans une vaste étude finnoise ( Sourander et coll. Finnish birth 1981 cohorte Study, Archives of general psychiatry, 2009) du moins chez les filles. Le surrisque observé de TS chez les garçons dépend des troubles psychopathologiques en général et des conduites à risques, pas des signes dépressifs en soi. Ce qui conforte l’importance d’un dépistage précoce du mal-être pour une prise en charge efficace et durable.

La crise suicidaire est caractérisée par trois critères : le sentiment d'échec total de sa vie, l’impossibilité d’échapper à cette impasse sauf par la mort, et une capacité d’agir préservée (activisme sous pression - impulsivité).

 

Les idées suicidaires envahissent progressivement l’individu jusqu'à éventuel passage à l'acte. Attention, le suicide est un mode de sortie de cette crise parmi d’autres : dans le pire des cas, le suicidant sacrifie ses proches avec lui. Il peut choisir une addiction- intoxication aiguë, ou une mort plus symbolique. Au mieux, il recherche des aides médicales et affectives, des conditions heureuses pour récupérer un élan vital soutenu. Il est fréquent que le suicidaire ait demandé de l’aide, clairement mais en quelques mots seulement, quelques jours avant son acte.

 


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à retenir



La crise suicidaire constitue un état de crise psychique au cours duquel le risque de passage à l'acte suicidaire est majeur. C’est une urgence : l'hospitalisation est le plus souvent nécessaire. C'est un état transitoire et réversible ; une prise en charge psychologique précoce peut limiter le risque suicidaire, mais ne l’annule pas.

Prévenir le suicide chez les adolescents

Une tentative de suicide à l’adolescence ne veut pas dire non à la vie.


Articles en cours de révision.
Certaines références vont être ajoutées prochainement.