A quel moment consulter ?
Très vite et au moindre doute ! Le repérage de l'état de crise suicidaire et sa prise en charge psychologique précoce et urgente est le meilleur moyen d’éviter le passage à l'acte.
Dans un contexte de vulnérabilité comme un alcoolisme, une toxicomanie, des antécédents familiaux de suicide, des évènements de vie douloureux comme un deuil récent, un échec personnel, il est préférable de consulter car ces facteurs dramatiques précipitent la crise suicidaire si elle est en gestation mentale, et le probable passage à l'acte.
Enfin un changement brutal par rapport au comportement habituel doit alerter l'entourage et faire consulter. En sachant insister et en montrant par là l’affection et l’intérêt qu’on porte à son proche.
Comment préparer la consultation avec le médecin ?
Il faut noter le plus précisément possible le contexte de la crise suicidaire, les symptômes d'alerte, les antécédents personnels et familiaux, la biographie avec les évènements de vie douloureux. Un membre de l'entourage peut accompagner le sujet souffrant (qui apprécie plus souvent cette sollicitude qu’on ne l’imagine) en consultant, mais celle-ci doit se faire seule avec le médecin si le patient ou l’accompagnant le désirent.
Que fait le médecin ?
Il interroge le patient (et l’accompagnant éventuel) pour comprendre le contexte et évaluer le risque suicidaire. L’examen du patient permet d’éliminer une cause organique manifeste (douleur chronique, pathologie cérébrale sous-jacente, trouble métabolique). Il demande éventuellement un bilan biologique (prise de sang).
S'il s'agit effectivement d'une crise suicidaire, l'hospitalisation spécialisée est préférable pour l’instauration d’un traitement médicamenteux et psychothérapique énergique et adapté.
Après la crise, une ou des interventions psychothérapiques sont possibles après la consultation ou l'hospitalisation ainsi que la prescription médicamenteuse nécessaire (anxiété, insomnie, et/ou la dépression).
Y a-t-il une prévention possible ?
La seule prévention possible du désir d’en finir avec la vie est d'éviter de se la rendre infernale ! Eviter d'accumuler les problèmes, demander de l'aide à son entourage ou à un psychothérapeute avant de se retrouver dans une impasse.
La dépression chronique doit être dépistée et traiter précocement. Enfin l'entourage familial et/ou amical solidaires est un facteur protecteur incontestable. Le sentiment d'être compris et reconnu dans sa douleur réduit l’ampleur de la crise suicidaire mais ne l’annule pas. Ce qui ne change donc pas la nécessité d’une prise en charge médicale du problème.
Mise à jour octobre 2011, Dr Sophie Duméry