Quels sont les mécanismes de la boulimie ?
Comme l’anorexie, la boulimie est sous-tendue par une vulnérabilité génétique, dont l’exploration est en cours. L’héritabilité est élevée (environ 70% comme l’anorexie). Il y a des familles de boulimiques ; dans ces antécédents familiaux il y a aussi plus de troubles mentaux (dépression) et d’addictions (alcool, drogues).
On ne sait pas pourquoi ni à quel moment une personnalité vulnérable entre dans la maladie boulimique. Les facteurs environnementaux jouent là leur rôle.
La vision psychiatrique psychanalytique l'explique par un investissement affectif excessif des préoccupations alimentaires. Mais aussi l'angoisse retournée contre soi-même, la sensation de vide intérieur et le besoin de le remplir.
Comment reconnaître la boulimie ?
Tout comme l'anorexique, le boulimique attache beaucoup d'importance à son image. Il mange en cachette par dégoût et honte, le tout dans un contexte dépressif.
Souvent précédée par une angoisse, la boulimie survient souvent dans les moments de solitude et peut donc passer inaperçue, d'autant que le poids reste souvent normal.
- La boulimie avec vomissements (ou frénésie alimentaire), où la boulimie s'accompagne d'une perte de contrôle totale et d'un malaise physique et se termine par des vomissements provoqués.
- La boulimie sans vomissement (ou boulimie hyperphagique). Le poids est normal ou supérieur à la normale.
Certains signes sont dus aux vomissements provoqués comme l’érosion de l'émail dentaire, les caries, les ulcérations des gencives.
Bien sûr, les fluctuations fréquentes du poids sont suspectes comme le « poids yoyo ». Chez les femmes, l’aménorrhée (absence de règles) est très suspecte, comme dans l’anorexie qui est souvent contemporaine. D’autant plus si elle s’associe à un désinvestissement de l’amour et des relations sexuelles.
Y a-t-il une prévention possible ?
Pas pour l’instant. Mais on peut la dépister dès le début pour mieux la prendre en charge et éviter ou limiter ses dangers.