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académie de médecine
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Il faut boire du lait à tout âge



Il importe de mettre en garde contre les rumeurs alarmistes qui attribuent aux produits laitiers une longue liste de maladies, dont l’ostéoporose ! Les seules contre-indications du lait sont l’allergie, en général non persistante, aux protéines laitières chez le nourrisson. L’intolérance au lactose par manque de lactase touche essentiellement les populations asiatiques ou les régions méridionales et ne concerne que le lait de vache et non les fromages et produits fermentés.

 

Le lait et les produits laitiers (formules pour nourrisson, fromages et yaourts) restent  la principale source de calcium dans l’alimentation humaine (2/3 des apports) car sans eux il est impossible  d’assurer les apports recommandés selon l’âge. Ils assurent de plus un apport protéique très important  de bonne valeur biologique, ainsi que des peptides bio-actifs ; ils sont sources de phosphore, de potassium, d’oligo-éléments (zinc, iode, sélénium…) et de vitamines (A, B12, B1, B6…).


L’absorption active  du calcium à tout âge s’effectue sous la dépendance du métabolite de la  vitamine D la 1,25 dihydroxy vitamine D. La vitamine D est synthétisée à partir du 7 déhydro- cholestérol au niveau du derme sous l’influence des rayons ultra-violets et par conséquent du rayonnement solaire. La vitamine D ou cholécalciférol est transformée au niveau du foie en 25 hydroxy-calciférol et au niveau du rein en 1,25 dihydroxy-cholécalciférol. L’hypovitaminose D est relativement fréquente dans certaines populations du nord de la France et de l’Europe, chez les nourrissons, adolescents, les sujets âgés et les populations à peau colorée. Elle doit être corrigée pour éviter une réaction hyperparathyroïdienne néfaste pour l’os. La dose efficace à tout âge, en prévention, est de 800  à 1 000 UI/jour, à fin d’assurer un taux sanguin de 25 hydroxyvitamine D  (qui représente le statut vitaminique D de l’individu)  d’au moins 80 nmol/L (Vieth).


Chez l’adolescent et l’adulte, un régime équilibré apporte entre 600 et 700 mg par jour de calcium. La principale source de calcium alimentaire provient du lait et des produits laitiers et la consommation de lait et de produits laitiers enrichis ou non  en vitamine D  permet d’assurer, au mieux, le complément nutritionnel nécessaire lorsque les besoins atteignent 1 000 mg à 1 200 mg par jour .. Des compléments peuvent aussi être fournis par quelques eaux minérales calciques, certaines étant malheureusement trop riches en sulfates. A noter que tous les autres aliments courants sont pauvres en calcium, à l’exception des fruits secs, et de quelques rares légumes.  Cependant, la biodisponibilité du calcium d’origine végétale est souvent diminuée par la présence de substances insolubilisantes (phytates, oxalates, polyphénols) et est en général inférieure à celle du calcium du lait qui sert de référence. Dans les produits laitiers,  la biodisponibilité du calcium est meilleure car le calcium est lié à des protéines (caséine) ou à des polypeptides ce qui facilite ainsi son absorption.

 

Recommandations

 

1 - Jusqu’à l’âge de 5-6 mois, les besoins sont couverts intégralement par le lait de femme ou par les formules pour nourrisson ; après l’âge de 6 mois et jusqu’à 3 ans les formules lactés (lait de suite et lait de croissance) sont nécessaires pour assurer les besoins en calcium, protéines et en acides gras essentiels, fer et vitamines. Ces formules  ont bénéficié durant les dernières années  d’améliorations successives : enrichissement en acides gras poly-insaturés, diminution de la quantité et amélioration de la qualité des protéines, enrichissement en certaines acides aminés, en vitamines liposolubles  et hydrosolubles, en fer et en probiotiques. Il est important d’apporter après l’âge de 6 mois au moins un demi litre de lait sous forme de formules adaptées à l’âge. Le lait de vache entier ou demi écrémé n’est pas souhaité jusqu’à l’age de 1 an  car il est pauvre en acides gras essentiels et en fer et trop riche en protéines.
Une réduction du nombre des formules (plus de 200 actuellement sur le marché en France) avec commercialisation de nouvelles préparations lactées plus limitées s’avère indispensable. Ces nouvelles formules doivent s’appuyer non pas par des allégations non justifiées mais  sur des  études et des recommandations de l’AFSSA, de celles de la société Européenne de Gastro-entérologie et de Nutrition (ESPGAN) publiées  en 2005 et du comité de Nutrition de la Société française de Pédiatrie (2007).

 

2 - Les adolescents qui ne consomment pas de produits laitiers  sont déficients en calcium car leur régime de base ne fournit que 500 à 600 mg de calcium soit la moitié des apports nutritionnels conseillés (Cnerna-Afssa, 2001). Ils ont un risque fracturaire élevé à moyen terme et à un âge avancé. Dans la perspective de la prévention primaire de l’ostéoporose après la cinquantaine et de fractures qui lui sont associées, il est important de promouvoir des apports en produits laitiers car  diverses études d’intervention ont démontré les effets bénéfiques des produits laitiers sur l’accumulation du capital osseux au cours de la croissance.

 

3 - Chez la femme enceinte, les produits laitiers restent la source principale de calcium pour assurer ses besoins et ceux de son fœtus, l’apport conseillé de calcium étant de 1 000 à 1 200 mg/jour.

 

4 - Chez l’adulte et la femme ménopausée, l’association de calcium (1 200-1 500 mg/jour) et de vitamine D (800-1 000 UI/jour) permet  de réduire le risque de fracture à partir de l’âge de 50 ans, et tout particulièrement, chez les sujets âgés, qu’ils soient ou non, en institution. Les produits laitiers restent la source principale de calcium et protéines sous forme de lait allégé, fromages ou yaourts. Comme cela ne relève plus de la nutrition normale, une surveillance biologique s’impose pour éviter les risques d’un surdosage.

 

5 - Ajustement en fonction de la pathologie :

- Chez la femme ménopausée ou le sujet âgé, le supplément en calcium et vitamine D doit être systématiquement conseillé s’il existe des risques importants d’ostéoporose ou  s’il existe une ostéopénie révélée par l’ostéo-densitométrie  en association avec les différents traitements de la maladie, notamment les biphosphonates ; les apports calciques (1 200 mg/jour), chez eux, sont assurés en totalité ou partiellement par les produits laitiers.

-La prévention et le traitement des maladies de surcharge (obésité, diabète de type 2 et dyslipidémies) tire bénéfice des produits laitiers allégés, source de protéines et de calcium et d’agents bioactifs. L’adjonction de vitamine D et d’acides gras poly-insaturés oméga 3 au lait, offre d’intéressantes perspectives pour améliorer ses propriétés nutritionnelles.


LE SAVIEZ-VOUS ?

 

• Le capital osseux maximal, la quantité d’os nous permettant de nous tenir debout dans des conditions de risque fracturaire minimal, est atteint à la fin de la deuxième décennie de vie. Ce capital est principalement déterminé par des facteurs génétiques. Divers autres facteurs peuvent influencer le niveau de ce capital, dont une phase d’accumulation rapide se déroule au cours de la puberté. Parmi ces facteurs, les apports nutritionnels, particulièrement ceux en calcium et en protéines, jouent un rôle favorable significatif. Les produits laitiers associent ces deux nutriments. Des enfants évitant les produits laitiers ont un risque fracturaire augmenté. Ce risque pourrait demeurer élevé à un âge plus avancé.

 

• Dans une perspective de prévention primaire de l’ostéoporose et des fractures qui lui sont associées, il est impératif de promouvoir des apports de produits laitiers suffisants, pour assurer l’obtention d’un capital ossseux optimal.

 

• En occident, le lait et les produits laitiers dérivés sont la principale source du calcium, indispensable, non seulement, à la régulation du métabolisme osseux, mais aussi à l’activation des systèmes enzymatiques, à la coagulation sanguine et à la contraction musculaire. Par contre, en Extrême-Orient et dans une grande partie de l’Afrique, l’apport calcique est assuré, surtout, par les végétaux et les poissons.

 

Teneur en calcium des principaux produits laitiers


Lait et dérivés
Lait entier ou ½ écrémé : 120
Yaourts : 150
Fromages frais : 120
Petits-suisses : 100
Crèmes glacées: 130-160
Fromages
Brie: 120
Chèvre frais/sec : 120/200
Camembert, Pont l’Évêque : 400

 

Apports calciques journaliers recommandés


Âge                       France                   CEE                 USA
1-3 ans                     600                    400-800              800
4-9 ans                     700                    400-800              800
10-12 ans                1000                    600-1200            1200
12-19 ans                1200                    600-1200            1200
Adulte                    800-900                 500-1000            800
Grossesse            1000-1200                600-1450           1200
Allaitement               1200                   900-1500            1200

 

• Le lait et les produits laitiers sont recommandés contre l’obésité et le diabète. Ils sont une source de protéines de haute qualité à un faible coût.

 

 

Source/Auteur : Académie Nationale de Médecine


Date : 13/08/2009



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Interview
Va-t-il falloir distribuer du lait dans les collèges ?

Questions au Professeur Bernard SALLE

 

95% des Français consomment des produits laitiers et ils en consomment notablement.

 

Avec 406 kg/pers/an, ils se situent au 3e rang européen derrière la Suède et la Finlande. Mais, ce n’est pas toujours le cas des adolescents, déficients en calcium car leur régime de base ne peut fournir que 500-600 mg par jour, soit la moitié de la dose nécessaire Le capital minéral osseux définitif est atteint à la fin de la deuxième décennie de la vie ; il est déterminé par des facteurs génétiques mais influencé par les apports nutritionnels.(protéines et calcium)..

 

Ces jeunes qui, sur le modèle américain, ont de plus en plus tendance à boire du soda au détriment du lait, se retrouvent donc avec un risque fracturaire élevé  à moyen terme et à un âge avancé. Dans la perspective de prévention primaire de l’ostéoporose après la cinquantaine, il est donc important de promouvoir des apports en produits laitiers suffisants durant l’adolescence pour assurer un capital osseux maximal, en veillant à un apport en vitamine D de l’ordre de 800 à 1000 UI / jour.

 

Le lait et les produits laitiers restent, en effet, la principale source de calcium (plus des deux-tiers) dans l’alimentation humaine ; ils assurent de plus un apport protéique très important et de bonne valeur biologique, ainsi que de peptides bio-actifs ; ils sont de très bonnes sources de phosphore, de potassium, d’oligo-éléments (zinc, iode, sélénium…) et de vitamines (A, B12, B1, B6…). Depuis 20 ans, c’est en modifiant de manière ciblée la composition du lait de vache que l’industrie laitière a permis de répondre aux besoins nutritionnels à tout âge de la vie.

 

Mais, attention ! Une récente étude américaine tire la sonnette d’alarma : aux USA, la masse osseuse a diminué notablement depuis 10 ans. C’est pourquoi il importe de favoriser chez nous la consommation de lait et de produits laitiers à tous les âges critiques de la vie, en mettant en garde contre les rumeurs alarmistes qui attribuent aux produits laitiers une longue liste de maladies chez l’adulte Les seules contre-indications du lait sont l’allergie, en général non persistante, aux protéines laitières chez l’enfant en bas-âge et l’intolérance au lactose par manque de lactase. 

Académie Nationale de Médecine

édito
L'Académie Nationale de Médecine...

 

Il y a plusieurs années que l’Académie s’ouvre à d’autres moyens de réflexion et de communication : Séminaires sur le fœtus ou l’erreur médicale, Journées du Livre, Rencontres de circonstance, mais aussi ouverture vers un public plus large, qui demande à être informé. Je voudrais institutionnaliser ces moments qui nous enrichissent tous et confortent l’Académie de médecine dans son plus beau rôle au chevet de la santé publique.

Géraud Lasfargues, Président pour 2009

 

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Certaines références vont être ajoutées prochainement.