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Automesure de la tension artérielle

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L’automesure tensionnelle désigne la mesure de la tension artérielle à domicile, hors cabinet médical, au moyen d’un autotensiomètre.


L’hypertension artérielle touche plus de 15 millions de personnes en France. D’après le CFLHTA, plus de 4 millions de sujets adultes ont une hypertension qui n’a pas été dépistée ou qui n’est pas traitée.

 

La mesure de la tension artérielle, au cours d’un examen médical ou chez soi grâce à l’automesure à l’aide d’un tensiomètre automatique, est le meilleur moyen de dépister l’hypertension artérielle.

 

L’automesure tensionnelle est utilisée pour :


• confirmer le diagnostic d'hypertension artérielle
• surveiller le traitement antihypertenseur chez ceux dont les valeurs de la tension artérielle diffèrent au cabinet médical et au domicile.
 
Depuis 2005, les autorités sanitaires françaises (HAS : Haute Autorité en Santé) ont accordé une vraie place à l’automesure tensionnelle dans la prise en charge de l’hypertension artérielle (HTA).


Selon l’étude FLAHS réalisée en 2011 par Kantar Health pour le CFLHTA, 6,78 millions appareils d’automesure sont en circulation en France, dont 3,8 millions chez des hypertendus traités.


 L’ANSM (AFSSAPS) a publié en 2011, une liste des autotensiomètres enregistrés dans le cadre de la surveillance du marché.
• Modèles bras (Huméraux) (06/10/2011)   (39 ko)
• Modèles poignets (Radiaux) (06/10/2011)   (39 ko)

 

1 - L’automesure tensionnelle est indispensable au diagnostic de l’hypertension artérielle

 
L’automesure tensionnelle sert tout d’abord à confirmer le diagnostic d’une hypertension artérielle avant de débuter un traitement antihypertenseur.
C'est-à-dire quand le médecin a  constaté une pression artérielle (PA) anormale : quand le chiffre supérieur (dit systolique) se situe entre 140-179 et/ou quand le chiffre inférieur (dit diastolique) se situe entre 90 et 109 mmHg (mm de mercure).
 
L’automesure est alors prescrite chez la très grande majorité des hypertendus, à quelques exceptions près comme les personnes souffrant d’arythmie cardiaque ou celles ayant une HTA avec une complication organique.

 

2 - L’automesure tensionnelle est utile à l’évaluation thérapeutique


La seconde indication de l’automesure tensionnelle concerne les personnes soignées pour hypertension artérielle (12 millions de Français sont sous traitement médicamenteux pour une HTA) à des fins de surveillance tensionnelle. Mais pas chez tous les hypertendus. Certains tirent profit d’une surveillance à domicile de la PA, ce sont ceux chez qui on a observé une différence entre la PA mesurée au cabinet médical et à domicile.


Ces discordances surviennent chez 30 à 40% des individus. 25% de ces individus ont une hypertension dite « blouse blanche » : la tension artérielle est plus élevée en consultation  par rapport à une mesure en dehors du cabinet médical. 10-15 % ont une hypertension dite masquée : leur tension est plus élevée dans la vie quotidienne que chez le médecin.

Globalement, plus on est âgé, plus la probabilité est grande d’avoir une hypertension blouse blanche (30% au-delà de 65 ans). En revanche, en deçà de 50 ans, on a plus de chance d’avoir une HTA masquée. L’automesure chez ces personnes où il existe une discordance, blouse blanche ou masquée, est non seulement très intéressante mais recommandée.


Les valeurs-seuils de la PA mesurées par autotensiomètre

 
ATTENTION : Les seuils de pression artérielle systolique et diastolique définissant une HTA par l’automesure tensionnelle sont plus bas que ceux fixés pour la mesure au cabinet médical : les valeurs normales ne dépassent pas 135/85 mmHg à domicile, contre 140/90 mmHg au cabinet du médecin.
 

Les autotensiomètres : bras ou poignet ?

 
Les appareils de mesure avec brassard pour le bras sont plus fiables que ceux adaptés au poignet, en ce sens que les résultats dépendant de la position de la main, le risque d’erreur est beaucoup plus important au poignet.
En effet, le degré de fléchissement du poignet et la position de la main par rapport au cœur influencent les chiffres tensionnels. L’idéal est de réaliser la mesure « bras croisés ».

 

Si le tensiomètre est mis au poignet, vérifiez que la partie gonflable du brassard est bien positionnée en face des artères du poignet, non pas comme une montre mais avec l’écran tourné du côté de la paume de la main.

NB : Un autotensiomètre homologué doit porter la norme CE et être validé par l’ ANSM (Afssaps). Une nouvelle norme européenne (EN1060-4) atteste de la conformité à la directive 93/42/CEE.
 

La règle « des 3 »

 

L’automesure tensionnelle est plus reproductible que la mesure en consultation.
 
Les conditions optimales d’utilisation de l’automesure tensionnelle recommandées sont standardisées :
 
• 3 mesures consécutives en position assise,
• le matin et le soir,
• pendant 3 jours,
en période d’activité habituelle, durant les trois jours précédant la visite chez le médecin.

Il est recommandé d'effectuer les mesures uniquement le matin après le lever, et le soir entre le dîner et le coucher. Il est déconseillé d'effectuer des mesures dans un environnement bruyant ou stressant, après un exercice physique intense, en fumant, en parlant ou en marchant.

Le médecin dispose alors idéalement de 18 mesures afin d’adapter le traitement antihypertenseur (ou d’une moyenne d’au moins 12 mesures). En France, la révision du traitement contre l’HTA a lieu tous les trimestres en général.


L’avis du Pr Xavier Girerd

( Unité de prévention des maladies cardiovasculaires, Hôpital de la Pitié, Paris )
 
Le contrôle tensionnel chez les hypertendus traités a progressé entre 2007 et 2009: 38% en 2004 vs 53% en 2009*. Les appareils d’automesure y ont-ils contribué?
 
Difficile à dire. L’automesure n’a pas pour objectif d’améliorer le contrôle tensionnel. Cependant, il a été montré que cela favorisait une meilleure évaluation du contrôle. De plus, certaines études suggèrent que les individus qui utilisent l’automesure tensionnelle suivent mieux leur traitement antihypertenseur que les autres, ont une meilleure observance, suivent mieux les recommandations du médecin concernant les mesures non médicamenteuses (diététiques, activité physique)… Bref, ils se sentent plus concernés par leur maladie avec des répercussions bénéfiques sur leur contrôle tensionnel.

 

Mais l’explication la plus probable à cette amélioration globale du contrôle tensionnel est l’utilisation des médicaments antihypertenseurs, avec des molécules efficaces, bien tolérées, et souvent sous forme de « combos » ou combinaison (plusieurs principes actifs en une seule pilule ou comprimé). Aujourd’hui 65% des hypertendus sont soignés avec un unique comprimé quotidien dont 30% ont un comprimé combinant deux principes pharmacologiques qui agissent en synergie.
 
 
* enquête Flahs 2009 (Comité Français de lutte contre l’HTA, CFLHTA-TNS Sofrès)
* enquête Flahs 2011 (CFLHTA-Kantar Health)


Source/Auteur : Hélène Joubert en collaboration avec
le Pr Xavier Girerd
Date : 20/05/2012


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