Mis en place fin 2009 en application de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, le dispositif de nutrivigilance a pour objectif de collecter et d’analyser les effets indésirables des aliments enrichis (auxquels appartiennent les boissons énergisantes), les compléments alimentaires, les nouveaux aliments et les denrées destinées à des alimentations particulières.
Il s’agit d’un dispositif innovant et unique en Europe, initialement créé pour mettre sous surveillance les produits alimentaires préoccupants, non couverts par d’autres systèmes de vigilance (ex. plantes médicinales ou exotiques consommées dans des compléments alimentaires, non couverts par la pharmacovigilance).
Le dispositif a fait l’objet d’une phase pilote en 2010 et 2011 qui a permis de collecter 192 signalements d’effets indésirables. Cette phase a laissé la place en 2012 à un dispositif muri, à la fois plus opérationnel et plus réactif.
Surveillance des effets indésirables liés à la consommation de boissons énergisantes
En 2008, à la demande du Ministère de la Santé, un dispositif de surveillance des effets indésirables pouvant être liés aux boissons énergisantes a été mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) via le réseau des centres anti-poison et de toxicovigilance.
Vingt-quatre cas ont été rapportés.
Pour treize d’entre eux, un lien de causalité possible ou probable a pu être établi.
Les effets rapportés sont d’ordre cardiologique (tachycardie) et/ou neurologique (crises d’épilepsie, paresthésies, tremblements, vertiges) et/ou psychiatrique (angoisses, agitation, confusion).
Par ailleurs trois cas d’accidents vasculaires cérébraux et deux cas d’arrêt cardiaque (dont un mortel) ont été signalés pour lesquels le lien avec la consommation de boisson énergisante n’a pu être clairement établi.
Le relai de cette surveillance a été pris par l’Agence en 2009, au titre de sa mission de nutrivigilance. Six nouveaux cas ont été signalés dans ce cadre. Tous concernent des personnes de moins de 50 ans (quatre d’entre eux ont moins de 30 ans).
Cinq d’entre eux ont consommé des boissons énergisantes en association avec de l’alcool dans un contexte festif.
Les effets indésirables déclarés sont également d’ordre cardiologique (crises cardiaques mortelles), neurologiques (crise d’épilepsie, coma, désorientation temporo-spatiale) et psychiatrique (troubles du comportement).
Une atteinte rénale a également été constatée (insuffisance rénale aiguë).
Des investigations sont en cours pour permettre d’affiner l’analyse de ces cas.



