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Académie de médecine

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Projet de création de salles d'injection pour toxicomanes



 

 

Par Roger Nordmann, au nom de la Commission VI "Addictions"
 

 

 

 

L’Académie nationale de médecine est totalement consciente de la nécessité pour les toxicomanes de bénéficier, comme tous les malades, d’une attention vigilante et de l’empathie de l’ensemble du corps médical.

 

Elle a, en conséquence, étudié, dès qu’elle en a eu connaissance, le projet de création de structures (réputées expérimentales) où, sous supervision médicale, des personnes malades de la drogue pourraient s’injecter ou se faire injecter des drogues qu’elles se seraient elles-mêmes procurées ( « drogues de la rue » ).

 

Selon les tenants de ce projet, son adoption pourrait permettre de réduire l’incidence des abcès, la transmission de virus ( hépatites, VIH ) ainsi que les overdoses parmi les toxicomanes.
 
Grâce à l’organisation de plusieurs réunions comportant l’audition d’experts concernés par ce projet et la considération des résultats des expériences faites à l’étranger, dans des pays pratiquant une politique de réduction des risques différant notablement de celle établie en France, l’Académie a pu confronter les points de vue exprimés quant au rapport bénéfice / risques que pourrait apporter la réalisation de ce projet dans notre pays.
 
L’Académie souligne que la mise à disposition de telles «  salles d’injection » aurait pour effet de sortir, de facto, les drogues les plus détériorantes du statut illicite où elles sont actuellement et de remettre ainsi en question l’image répulsive qu’il convient de leur conserver pour éviter toute confusion dans la population dans son ensemble et, en particulier, chez les jeunes. Elle rappelle également qu’une démarche médicale ne peut consister à favoriser l’administration de la drogue qui a généré l’addiction.
 
Dès lors, on ne peut demander à des médecins de superviser ou même de se livrer à de telles « intoxications médicalement assistées », ce d’autant plus que les «  drogues de la rue » peuvent correspondre à des mélanges de toxicité potentiellement mortels. En cautionnant, même indirectement, l’injection d’une solution non stérile d’une substance non identifiée, le médecin superviseur engagerait sa responsabilité, qu’elle soit personnelle ou administrative. L’Académie rappelle à ce propos que l’OICS (Organe International de Contrôle des Stupéfiants) a engagé les gouvernements concernés à faire fermer les salles existantes.
 
Les moyens matériels inévitablement importants que mobiliserait cette initiative seraient bien mieux utilisés pour renforcer les actions de prévention et d’aide au sevrage. On dispose, en effet, de médicaments de substitution et de centres spécialisés dont l’usage doit s’inscrire dans un schéma thérapeutique d’administration dégressive visant à une meilleure adaptation sociale et, à terme, à l’abstinence.
 
Dans ces conditions et dans l’état actuel des connaissances, l’Académie nationale de médecine ne peut que marquer son opposition à un tel projet.

 

 


 

Source/Auteur : Académie Nationale de médecine


Date : 18/04/2012



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édito

 

 

Il y a plusieurs années que l’Académie s’ouvre à d’autres moyens de réflexion et de communication : Séminaires sur le fœtus ou l’erreur médicale, Journées du Livre, Rencontres de circonstance, mais aussi ouverture vers un public plus large, qui demande à être informé.

 

" Je voudrais institutionnaliser ces moments qui nous enrichissent tous et confortent l’Académie de médecine dans son plus beau rôle au chevet de la santé publique."


 

Géraud Lasfargues, Président pour 2009

 

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