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Académie de médecine

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Rapport de l'Académie de Médecine sur les cabines de bronzage



Malgré des mises en garde répétées de la part du corps médical, de nouvelles cabines de bronzage s’ouvrent chaque jour et leur fréquentation est en constante augmentation.


 

 

Ce commerce lucratif bénéficie impunément d’une réglementation faussement protectrice qui sous-entend que l’usage de ces cabines est « acceptable » alors qu’il est prouvé que :

 

• d’une part, les UVA, autrefois considérés comme inoffensifs, sont aussi agressifs que les UVB et prennent une part déterminante dans la carcinogenèse;


• d’autre part, la réglementation est non seulement insuffisamment protectrice, mais qu’elle n’est de surcroît que rarement appliquée et que les manquements ne sont jamais sanctionnés.


 

La loi contre le principe de précaution ?

 

• les recommandations de l’Académie n’ont pas été suivies ;
• les enquêtes des associations de consommateurs sont restées sans effet ;
• les courriers au CSA pour demander l’interdiction de la publicité à la télévision n’ont pas reçu de réponse ;
• Il n’y a aucun moyen légal d’arrêter la publicité dans les salles de cinéma ;

 

Jusqu’à quand les Pouvoirs publics feront-ils passer les intérêts commerciaux avant la santé publique ?

Deux à trois nouveaux centres chaque mois

 

On compte 200 centres de bronzage, 3200 instituts équipés et plus de 40000 bancs solaires en France.. Ces centres ont une croissance de l'ordre de 30% par an depuis trois ans. Les hommes constituent 45% de la clientèle.


Selon le bilan 2002 des contrôles techniques des installations de bronzage diligentés par la Direction générale de la Santé, plus du tiers des solariums visités n’étaient pas  conformes.

 

Une information insuffisante sur les risques

 

L'utilisateur de soleil artificiel n'est jamais clairement averti des dangers qu'il court, la préconisation du nombre et du rythme des séances en fonction de son type de peau (le fameux phototype) est très souvent inadaptée, le personnel ne se renseigne jamais ou presque sur l'état de santé de son client et ne lui communique guère les précautions d'usage.

 

- Les risques spécifiques aux UV artificiels viennent des rayons qu'ils émettent et de leur puissance largement supérieure au rayonnement solaire. Ils peuvent entraîner en très peu de temps des brûlures graves chez des individus particulièrement sensibles ou photosensibilisés, par exemple, par la prise de médicaments.
 
- Des risques solaires accrus. Il est aujourd'hui reconnu que les UV reçus de lampes s’ajoutent à ceux reçus du soleil et augmentent les risques de cancer tout en accélérant le vieillissement de la peau. D’autre part, les séances d'UV ne préparent pas la peau au bronzage.

 

Seul le rayonnement UV B permet de développer une certaine protection de la peau en stimulant sa réaction d'autodéfense. Même si ce rayonnement est aussi présent dans les solariums, on s'y expose pour l'essentiel à un rayonnement UVA, qui n'apporte aucune protection.

 

Et ce n'est pas seulement le bronzage qui protège la peau contre l'exposition ultérieure au soleil, mais aussi l'épaississement temporaire de la peau. Or, cet épaississement se produit lentement. Ce n'est donc pas quelques séances d'UV qui peuvent protéger efficacement contre les coups de soleil ultérieurs.

 

De toute façon, un bronzage préliminaire n'est pas judicieux car il entraîne une exposition supplémentaire aux UV, ce qui n'est jamais recommandé.

 

- Des contre-indications passées sous silence. Les solariums sont déconseillés aux personnes souffrant de problèmes dermatologiques. Les UVA provoquent aussi un affaiblissement du système immunitaire. L'effet de dysfonctionnement possible provoqué par le rayonnement UV favorise l'apparition de maladies opportunistes d'origine virale (rougeole, herpès, varicelle), bactérienne et parasitaire.

 

Par ailleurs, certains médicaments ont un effet photosensibilisateur. Autrement dit, en leur présence, la peau réagit de manière particulièrement sensible aux ultraviolets. C'est le cas de la plupart des antibiotiques et antidépresseurs.

 

Toute référence à un effet bénéfique sur la santé des séances d'UV est strictement interdite par la loi


- La formation de la vitamine D ne se fait que sous l'action des UVB. Les UVA, majoritaires dans les solariums, n'y contribuent aucunement. Et une exposition normale au soleil est largement suffisante pour couvrir nos besoins en vitamine D.


- Les maladies de peau, le psoriasis notamment, ne peuvent être éventuellement traités pas les UV qu’en thérapie individuelle et avec un suivi médical. Les UVA ne sont pas bons pour la peau, puisqu’ils en  provoquent un vieillissement précoce.

 

Une incitation dangereuse à la consommation

 

- D'un centre à l'autre, les appareils mis à la disposition du public sont de puissances très différentes. Il est donc impossible pour le consommateur d'évaluer si le temps d'exposition aux UV préconisé est en adéquation avec son type de peau. La législation n’imposant un délai de 48h qu'entre les deux premières séances, rien n’exige que ce délai soit respecté pour les séances suivantes. 


- Si, en 1997, le carcan législatif a permis d'éradiquer bien des pratiques douteuses et entraîné la fermeture, à l'époque, de la moitié des centres, la législation a aujourd'hui un effet pervers pour les consommateurs. Elle induit un faux sentiment de sécurité, qui incite à des comportements à risques, comme la multiplication abusive des séances. Le principe du forfait, de la carte de fidélité et l'absence de réel contrôle personnalisé invitent effectivement à trop stationner sur les bancs solaires.

 

Le décret n° 97-617 du 30 mai 1997 stipule qu'il est interdit de mettre à disposition des mineurs les appareils de bronzage. L'interdiction est totale, même en cas d'accord parental. Or, les mineurs sont acceptés pratiquement toujours sans problème.

 

Un personnel insuffisamment formé

 

Depuis le 30 mai 1997, tous les centres et les commerces qui exploitent des cabines de bronzage sont soumis à la réglementation du décret n° 97-617. Ce texte prévoit les spécifications techniques auxquelles doit répondre le matériel utilisé ainsi que l'information du public et une formation spécifique du personnel.

 

Formation théorique de huit heures, le contenu pédagogique repose en majorité sur de la physique quantique, ce qui, vu le niveau de formation des hôtesses - le plus souvent des esthéticiennes de niveau BTS – n’est guère réaliste. Le cours se termine donc par un questionnaire à choix multiples (QCM), pour lequel les élèves sont, heureusement, bien aiguillés pour cocher les bonnes cases. Un diplôme sanctionne cette journée pédagogique qui ne doit être renouvelée que tous les cinq ans…

 

Ce dossier a été réalisé en collaboration avec l’association QUE CHOISIR  à partir des résultats de l’enquête menée du 25 janvier au 9 février 2003, dans 450 centres de bronzage installés dans 52 départements.


POUR MEMOIRE
 
Selon le décret n° 97-617 du 30 mai 1997, les informations destinées au public pour l'emploi des appareils UV doivent contenir au minimum :

 

• des informations sur les effets biologiques du rayonnement UV sur la peau,
•  les différents phototypes de peau ,
• les précautions d'exposition à observer en fonction de ces différents phototypes, notamment la durée maximale de la séance pour chaque classe de phototype, ainsi que l'espacement des séances,
•  les précautions à respecter chez les sujets non exposés depuis 6 mois au soleil ou aux UV, ainsi qu'en cas de prise de certains médicaments ou d'application de certains cosmétiques,
• les risques indésirables en cas de sensibilité individuelle particulière ou en cas d'exposition excessive,
•  les instructions relatives à l'utilisation collective des appareils ainsi que celles relatives à l'emploi des appareils munis d'un couvercle.
Ces informations doivent être complétées par les mentions suivantes :
• utiliser toujours les lunettes de protection fournies ;
•  enlever les cosmétiques bien avant l'exposition et ne pas appliquer d'écran solaire ;
•  s'abstenir de s'exposer pendant les périodes où des médicaments qui augmentent la sensibilité aux rayonnements ultraviolets sont pris, notamment antibiotiques, somnifères, antidépresseurs, antiseptiques locaux ou généraux. En cas de doute, consulter un médecin ;
•  respecter un délai de 48 heures entre les deux premières expositions ;
• ne pas s'exposer au soleil et à l'appareil le même jour ;
• suivre les recommandations concernant la durée, les intervalles d'exposition et les distances à la lampe ;
• consulter un médecin si des cloques persistantes, des blessures ou des rougeurs se développent sur la peau ou en cas d'antécédents de pathologie cutanée

 

 

 


 


Date : 18/04/2012



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édito

 

 

Il y a plusieurs années que l’Académie s’ouvre à d’autres moyens de réflexion et de communication : Séminaires sur le fœtus ou l’erreur médicale, Journées du Livre, Rencontres de circonstance, mais aussi ouverture vers un public plus large, qui demande à être informé.

 

" Je voudrais institutionnaliser ces moments qui nous enrichissent tous et confortent l’Académie de médecine dans son plus beau rôle au chevet de la santé publique."


 

Géraud Lasfargues, Président pour 2009

 

Consulter le site de l'Académie Nationale de Médecine
 


Articles en cours de révision.
Certaines références vont être ajoutées prochainement.