Par Jacques BAZEX et Jean CIVATTE
L’Académie nationale de médecine constate que, malgré l’augmentation de X % des cancers cutanés et la confirmation par de nouvelles études scientifiques du danger de l’exposition aux rayonnements artificiels, non seulement aucune limitation n’est mise à l’ouverture des cabines de bronzage, mais les professionnels du secteur n’hésitent pas à faire campagne pour réfuter les conclusions des scientifiques et bafouer les mises en garde des autorités sanitaires.
L’Académie nationale de médecine en déduit que cette activité, dans la mesure où elle est formellement reconnue comme dangereuse pour la santé, ne saurait faire l’objet d’une simple réglementation, fût-elle restrictive. L’encadrement de ces expositions par des dispositions réglementaires risque de donner aux consommateurs une fausse impression de sécurité et de faire croire qu’il s’agit d’une pratique acceptable.
Elle considère en particulier que les 6h de formation qui seraient exigées pour le personnel des cabines de bronzage représentent un déni médical et de santé publique.
L’Académie nationale de médecine déconseille formellement l’usage de cette pratique notoirement cancérigène et renouvelle ses mises en garde. Elle demande aux pouvoirs publics de faire en sorte que les utilisateurs soient mis devant leurs responsabilités par une information particulièrement dissuasive et un véritable engagement.
L’Académie nationale de médecine souhaite formuler trois recommandations:
• Comme sur les paquets de cigarettes, la mentions « Nuit gravement à lasanté » doit être appliquée sur toute la signalétique des cabines de bronzage. Les mêmes restrictions publicitaires, concernant notamment les passages sur les chaînes nationales de télévision, doivent leur être appliquées.
• Tout utilisateur doit avoir accès à une information complète sur les risques et signer avant chaque séance un formulaire de consentement, où sera indiquée sa date de naissance, de façon aussi à éviter une utilisation illicite par les mineurs.
• Toute personne désirant malgré toutes ces réserves utiliser de tels rayonnements, doit être incitée à se faire suivre médicalement de manière régulière durant plusieurs dizaines d’années, en demandant un examen de la peau à son médecin traitant lors de chaque consultation, au moins une fois par an.
L’Académie s’adresse plus particulièrement aux professionnels du secteur pour leur demander de mettre en accord leurs revendications de qualité avec les exigences en matière de santé publique et le respect du principe de précaution.



