Alcool au volant : de quoi parlons-nous ?
L’alcool au volant est un facteur majeur de risque d’accident de la circulation :
– 85% des accidents mortels liés à l’alcool sont dus à des buveurs occasionnels (fête de famille, repas bien arrosé, pot avec des amis…) ;
– 42% des accidents mortels touchent les jeunes de 18 à 24 ans en été.
Avec une alcoolémie à 0,5 g/l, le risque d’accident est multiplié par 2.
Au-delà , le risque augmente selon la quantité d’alcool consommée.
L’alcool au volant met donc en danger la sécurité du conducteur, de ses passagers ainsi que celle des autres usagers de la route.
Le dépistage de l’alcool au volant peut être effectué avec un éthylotest : appareil qui mesure le taux d’alcool dans l’air expiré.
La conduite automobile sous l’emprise de l’alcool est un délit routier dès lors que l’alcoolémie (taux d’alcool dans le sang) excède 0,5 g par litre de sang, ce qui correspond à 0,25 mg par litre d’air expiré (après avoir soufflé dans un éthylotest).
Quels sont les enjeux réglementaires ?
La police peut effectuer des dépistages de l’alcoolémie :
- en cas d’accident de la circulation ayant occasionné un dommage corporel, même si la responsabilité de l’automobiliste n’est pas impliquée ;
- en cas d’infraction au Code de la route (même en dehors d’un état d’ivresse manifeste).
- et à tout moment, lors de contrôles routiers.
Si le taux d’alcoolémie est compris entre 0,5 et 0,8 g par litre de sang :
– risque d’amende forfaitaire de 135 euros ;
– perte de six points du permis de conduire.
En cas de comparution devant le tribunal (par décision du procureur de la République ou si vous avez contesté l’amende forfaitaire), vous risquez une suspension de votre permis de conduire.
Si le taux d’alcoolémie est supérieur à 0,8 g par litre de sang :
– risque de deux ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende ;
– perte de six points du permis de conduire.
Le tribunal peut aussi décider une suspension du permis de conduire qui peut atteindre une durée de trois ans.
En cas d’association d’alcool avec des stupéfiants (cannabis, cocaïne, héroïne, amphétamines…) :
– les peines peuvent aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement ;
– avec une amende de 9 000 euros d’amende ;
– et la perte de six points du permis de conduire.
Le tribunal peut décider de suspendre le permis de conduire pendant trois ans, voire d’annuler le permis avec interdiction de le repasser pendant trois ans.
En cas d’accident sous l’emprise de l’alcool :
– l’amende est portée à 30 000 euros si l’accident a occasionné des blessures graves et vous êtes passible d’un emprisonnement qui peut aller jusqu’à dix ans ;
– l’amende est portée 150 000 euros si vous provoquez la mort d’un autre usager de la route.
À quoi correspond un taux d’alcool dans le sang à 0,5 g/l ?
Une alcoolémie à 0,5 g/l correspond à la consommation de deux verres de boisson alcoolisée : la consommation d’un « verre » de boisson alcoolisée (dans un débit de boisson) représente globalement 10 g d’alcool pur, soit :
– un demi de bière à 5° (25 cl) ;
– un ballon de vin à 10° (12,5 cl) ;
– un whisky-soda, un pastis, un gin (3 cl d’alcool distillé à 40°) ;
– un cognac (3 cl à 40°).
Il y a donc autant d’alcool dans un verre de bière ou de vin que dans un verre de whisky ou de cognac.
Attention, au domicile, les doses varient selon la taille des verres et la quantité servie.
Quels sont les effets de l’alcool au volant ?
Lorsque le taux d’alcoolémie est inférieur à 0,5 g/l, l’alcool a un effet psychostimulant.
À partir de 0,5 g/l (soit deux ou trois verres quelle que soit la boisson alcoolisée), cet effet euphorisant est vite remplacé par de nombreuses perturbations des fonctions cérébrales avec :
– effet euphorisant avec surestimation des capacités ;
– troubles du comportement avec prise de risque (vitesse excessive, agressivité, non-respect du port de la ceinture de sécurité ou du casque…) ;
– baisse de la vigilance ;
– diminution du champ de vision de l’automobiliste avec augmentation du risque d’accidents aux croisements ;
– altération de la vision en relief et en profondeur ;
– plus grande sensibilité des yeux à l’éblouissement en conduite de nuit ;
– diminution des réflexes avec allongement du temps de réaction ;
– difficultés d’évaluation des distances.
Autant de perturbations qui exposent au risque d’accident, d’autant que l’élimination de l’alcool est lente (0,15 g par litre de sang et par heure).
Que faire avant de prendre le volant si on a consommé de l’alcool ?
Premier réflexe : l’éthylotest
Après avoir consommé de l’alcool, le premier réflexe avant de prendre le volant est de vérifier si on en est capable ou non : à l’aide d’un éthylotest qui permet de dépister le taux d’alcool dans le sang.
La mesure doit être faite 20 minutes après avoir bu le dernier verre d’alcool : le temps qu’il faut à l’alcool pour passer dans le sang et que soient éliminées les vapeurs résiduelles d’alcool dans la bouche afin de ne pas perturber les mesures.
Deux types d’éthylotests :
– l’éthylotest chimique ou « ballon » à usage unique. On souffle dans un tube contenant un réactif jaune et relié à une poche en plastique. La couleur de l’embout vire au vert en présence d’alcool et indique si la conduite est interdite (à partir d’une alcoolémie à 0,5 g/l), ce qui correspond à 0,25 mg/l d’air expiré.
Attention à la date de validité obligatoirement mentionnée sur l’emballage ;
– l’éthylotest électronique, un peu plus cher, mais réutilisable plusieurs fois. Il est également muni d’un embout dans lequel souffle l’automobiliste. Il donne une mesure digitale (sur écran) de la concentration d’alcool exprimée en mg/litre d’air expiré.
Les forces de l’ordre disposent d’éthylomètres étalonnés qui mesurent la concentration d’alcool dans l’air expiré.
Où peut-on trouver des éthylotests ?
Les éthylotests sont vendus dans les pharmacies et parapharmacies.
Mais les pouvoirs publics ont fait en sorte de favoriser l’accès aux éthylotests et on les trouve également dans de nombreux points de vente (grande distribution, buralistes, professionnels de l’hôtellerie, marchands de vins et spiritueux, d’accessoires automobiles…).
De quoi faut-il se méfier ?
Il faut se méfier des associations de l’alcool avec les stupéfiants qui potentialisent les risques d’accident de voiture, notamment chez les jeunes au sortir des discothèques et des soirées arrosées.